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La guerre dans la tête. Contre la bellicisation de la pensée
PAR DAVIDE BORRELLI, PROFESSEUR DE SOCIOLOGIE DES PROCESSUS CULTURELS ET COMMUNICATIONNELS À L’UNIVERSITÉ « SUOR ORSOLA BENINCASA » DE NAPLES ; PUBLIÉ LE 26 JUIN 2026 SUR WWW.ZENODO.ORG SOUS LICENCE COPYLEFT. Abstract Aujourd'hui, l'Europe semble ne plus parler que le langage du réarmement ; elle a « la guerre dans la tête ». La diplomatie s'est tue, la politique s'efface, et l'urgence militaire façonne désormais le discours public. Cet ouvrage dénonce la « bellicisation » de notre société — c'est-à-dire l'imprégnation de la logique de la guerre dans notre imaginaire et notre conscience collectifs — en montrant comment celle-ci reconfigure nos perceptions, nos relations et notre vie politique. À travers une analyse socioculturelle, il met au jour la normalisation de la guerre comme réponse automatique aux crises mondiales. Il montre également comment le langage et les récits militarisés déforment la réalité et affaiblissent l'esprit critique. L'Europe, autrefois conçue comme un projet de paix, se transforme progressivement en une forteresse, non seulement sur le plan matériel, mais aussi sur le plan symbolique. À une époque marquée par une désensibilisation croissante face à la menace des conflits et par l'exaltation de la « résilience » comme vertu militaire, ce livre lance un appel radical : désarmer notre langage afin de reconstruire une anthropologie du vivre-ensemble. Contre ceux qui érigent les « vertus guerrières » en fondement de la cohésion sociale, il plaide pour une réévaluation urgente de notre avenir, fondée sur la douceur des justes, l'ouverture à l'autre et le rejet absolu de la guerre. * Introduction * Vers une gouvernementalité de guerre * L’Europe forteresse * Nous-mêmes comme ennemis * Une occasion perdue, une possibilité à redécouvrir * Le soin de la paix * De la personne au rôle : la guerre comme machine d’anéantissement symbolique * Normaliser la guerre pour gouverner l’instabilité * Les pièges de la « dé-terrence » * La banalisation de la guerre et le nouvel « esprit » de l’Europe * La bellicisation du discours : une analyse culturelle * La fin d’une certaine illusion ? Bellicisation et mythe de la civilisation occidentale * Guerre des mots contre les outsiders * L’université de la paix et l’art des relations humaines : la leçon de Virginia Woolf * L’université de la guerre * La nouvelle école militariste * Résilience : de vertu économique à vertu militaire * Armons-nous et partez ! Les intellectuels qui restent à l’arrière * La puissance du neutre : pour une politique d’équiproximité * La couleur du blé : pour une pédagogie de la paix * De quoi est faite la paix : de la tolérance au désir * L’éthique silencieuse des justes * Critique et clinique : désarmer le discours, prendre soin du monde * Faire la sourde oreille (fare orecchie da mercante): du réalisme capitaliste au réalisme belliciste * L’agenda planétaire : dépasser la scission du vivant Introduction Celui qui découvre avec bonheur une étymologie… Celui qui préfère que les autres aient raison. Tous ceux-là, qui s’ignorent, sauvent le monde. (Jorge Luis Borges, « Les Justes », 1981) S’il fallait du sang à tout prix, offrez donc le vôtre, si tel est votre désir. (Ivano Fossati, Il disertore, 1992) Jusqu’à ce que nous pensions détenir le monopole du « bien », jusqu’à ce que nous parlions de notre civilisation comme de la seule civilisation, en ignorant toutes les autres, nous ne sommes pas sur la bonne voie. (Tiziano Terzani, Lettere contro la guerra, 2002) « J’ai attrapé la guerre dans ma tête. Elle est enfermée dans ma tête ». Avec ces mots, l’écrivain maudit par excellence Louis‑Ferdinand Céline (1934, p. 3) décrivait les effets de son expérience personnelle de la guerre, à partir du moment où, jeune cuirassier, il fut grièvement blessé à l’oreille pendant la Première Guerre mondiale. À en juger par la manière dont l’Europe a réagi à l’agression russe contre l’Ukraine, aux dérives génocidaires d’Israël à Gaza et, plus récemment, à l’escalade au Moyen‑Orient, le Vieux Continent semble avoir définitivement perdu la capacité d’imaginer des solutions échappant à la logique militaire. Dans le cas de l’Ukraine, il a presque exclusivement parié sur le soutien militaire ; à Gaza, il a longtemps toléré ce qu’il disait déplorer ; et face aux frappes israéliennes et américaines contre l’Iran, il a paru davantage préoccupé par les conséquences économiques que par le respect du droit international. Les dirigeants européens ont même adopté une posture à la Ponce Pilate, s’en lavant les mains et allant, dans certains cas, jusqu’à déclarer qu’ils ne partageaient pas ces agressions, sans pour autant les condamner. Si Céline décrivait la guerre comme une obsession qui s’installe dans la conscience individuelle, on pourrait aujourd’hui dire que l’Europe elle‑même a « attrapé la guerre dans sa tête ». Pour reprendre une expression imagée du dialecte napolitain, notre communauté politique semble désormais souffrir d’un véritable syndrome de la guerra ’n capa[1] — c’est‑à‑dire d’une « guerre dans la tête ». Ce livre soutient que l’Europe connaît aujourd’hui un processus de bellicisation discursive et psychopolitique : un processus dans lequel la guerre n’est plus seulement un événement possible, mais devient l’horizon organisateur de la pensée. Dans ce cadre, la « guerre dans la tête » ne renvoie pas seulement à l’état psychologique d’un individu, mais surtout à une transformation collective, par laquelle la vie politique et le sens commun se réorganisent autour de l’anticipation et de la normalisation du conflit. En définitive, ce livre ne prétend pas proposer une théorie générale des guerres contemporaines, mais une généalogie des conditions culturelles qui rendent possible leur normalisation. L’obsession pour la guerre se reflète également dans des choix symboliques apparemment marginaux, mais qui se révèlent emblématiques du climat culturel que nous vivons. Ainsi, prenons l’exemple du président de la région du Piémont qui, la veille de la Journée de la Libération en Italie (25 avril 2025), a rendu hommage aux Alpini (l’infanterie de montagne) tombés en Russie pendant la Seconde Guerre mondiale, en affirmant qu’ils s’étaient sacrifiés « pour notre liberté ». C’est, pour le moins, une affirmation surprenante, car elle réinterprète une campagne militaire d’agression lancée par Mussolini et Hitler comme une défense héroïque des valeurs démocratiques. C’est précisément ce qui arrive lorsqu’une société a la guerra ’n capa. Depuis quelque temps, l’Union européenne semble en proie à une véritable ivresse belliciste. La menace d’une attaque russe, réelle ou supposée, monopolise le débat public et oriente une part croissante des décisions politiques. Pourtant, alors qu’elle condamne fermement Poutine, l’Europe reste largement passive face aux massacres à Gaza. Cela se manifeste notamment par l’incapacité de l’UE à obtenir le consensus nécessaire pour suspendre l’accord d’association UE‑Israël (2000), en raison des veto opposés principalement par l’Allemagne et l’Italie. Mais l’Europe a aussi la guerre dans la tête, car elle semble vouloir relancer une économie stagnante en réorientant les investissements des infrastructures civiles vers les infrastructures militaires. Pire encore, elle détourne des Fonds de cohésion — destinés à réduire les disparités régionales entre les États membres — au profit de l’industrie de l’armement, et se plie aux diktats de Trump, allant jusqu’à se résigner à financer l’industrie américaine dans le cadre de l’initiative PURL (Prioritised Ukraine Requirements List) promue par l’OTAN. Et surtout, l’Europe a la guerre dans la tête parce qu’elle s’emploie désormais par tous les moyens à la normaliser, à en faire une option acceptable parmi d’autres. Elle le fait, par exemple, en promouvant, à travers ses programmes éducatifs, une véritable culture de la guerre — une mentalité qui érige l’usage de la force face aux défis présentés comme existentiels. Elle pousse ainsi l’opinion publique et les institutions à considérer la guerre comme une composante normale de l’ordre géopolitique et des mécanismes de sécurité des États membres. Il ne s’agit plus seulement d’une réponse militaire, mais d’une transformation profonde de notre manière d’habiter le monde et de le penser. Face à de telles politiques, qui visent à nous mithridatiser en nous accoutumant à la guerre, on mesure combien nous nous sommes éloignés de l’esprit même de l’UNESCO, jusqu’à en inverser le principe fondateur, selon la formule inaugurale de l’Organisation : « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ». Nous vivons sans aucun doute dans un monde traversé par des tensions internationales profondes, dont certaines, nous autres Européens, avons contribué à les alimenter par intérêt, par aveuglement ou tout simplement par lâcheté. Même à supposer que la menace russe soit réelle et que les angoisses européennes soient justifiées, nous avons le devoir de scruter la manière dont cet état d’alerte s’intériorise et se traduit en choix politiques, culturels, symboliques et discursifs. Il y a en effet une autre raison de dire que la « guerre dans la tête » exprime notre condition actuelle d’Européens au bord de l’épuisement nerveux. L’obsession de la guerre est une idée fixe. Elle nous tenaille, colonise la conscience publique, s’arroge une priorité absolue. Elle exige une attention exclusive et relègue toute autre préoccupation au second plan. Dans le dialecte napolitain, avoir la guerra ’n capa est également utilisé pour décrire un état de profonde fracture intérieure — une guerre, en effet, entre des impulsions opposées, entre une pensée et son contraire. On en trouve un symptôme typique dans le fait d’avoir longtemps annoncé l’effondrement militaire imminent de la Russie en raison de son infériorité supposée, puis, soudain, au mépris du principe de non-contradiction — selon lequel une proposition ne peut être à la fois vraie et fausse au gré des circonstances —, de se lancer dans une course effrénée au réarmement par crainte d’une invasion russe. La même schizophrénie se retrouve dans l’attitude adoptée face au massacre des civils palestiniens, qu’Israël poursuit pratiquement sans entrave. Alors même que l’Europe se réclame des droits de l’homme et que certains gouvernements vont jusqu’à annoncer leur intention de reconnaître l’État de Palestine, elle continue à fournir des armes à Israël et à lui garantir une couverture politique et juridique, au motif qu’il ferait, au fond, le « sale boulot » pour notre compte, comme l’a reconnu sans détour le chancelier allemand Friedrich Merz. De tels paradoxes révèlent une contradiction béante, ce qui est emblématique de la guerre dans la tête. Le discours dominant sur la guerre entre en contradiction avec l’image édifiante que nous cultivons de nous-mêmes et avec les valeurs mêmes sur lesquelles nous prétendons fonder notre identité démocratique et civique. Il y a manifestement, dans cette attitude, quelque chose de pathologique sur le plan psychopolitique. Elle est aussi le symptôme tangible d’une modernité devenue émotionnellement « explosive » (Illouz 2024), dont plusieurs caractéristiques institutionnelles entrent de plus en plus en tension, produisant chez les individus des contradictions et des tensions profondes. L’anxiété, la frustration et la peur collective qui en résultent se reflètent et s’amplifient au niveau politique, alimentant un cercle vicieux qui pervertit les décisions politiques et la hiérarchie des priorités collectives. La fixation paranoïaque sur le réarmement découle ainsi d’une tension profonde entre deux logiques antagonistes : d’une part, une gouvernementalité de guerre émergente ; d’autre part, la prétendue culture européenne du dialogue et de la paix. La guerra ’n capa fonctionne comme une véritable mise en abyme : une expressionsi chargée de sens qu’elle produit un vertige conceptuel, au point de nous mettre, nous aussi, la guerre dans la tête. Elle reflète l’image d’un continent marqué par des tensions profondes, suspendu entre ce qu’il craint, ce contre quoi il déclare se défendre, et ce qu’il est en train de devenir — peut‑être sans l’avoir jamais choisi consciemment ou démocratiquement. C’est précisément cette dérive — silencieuse, inexorable et continue, comme la métaphore classique de la grenouille qu’on fait bouillir à petit feu — que ce livre entend soumettre à la critique. Il ne s’agit pas ici de savoir si la guerre ou le réarmement sont moralement justifiés ou politiquement efficaces. Ce livre porte sur le glissement qui convertit progressivement les questions politiques et diplomatiques en questions exclusivement militaires. Contre la narration hégémonique qui présente le réarmement comme inévitable et cherche à nous enfermer dans un horizon défini par une tension permanente, il n’est pas inutile de rappeler l’œuvre fondamentale du pionnier de la recherche sur la paix, Johan Galtung, There are Alternatives! Four Roads to Peace and Security (1984). Son message est simple et puissant : même les conflits qui paraissent sans issue laissent toujours ouverte la possibilité — et, dirions-nous, la nécessité — d’imaginer une autre issue. Il s’agit là d’une affirmation de principe qui tranche avec la philosophie dominante de notre temps, condensée dans la formule de Margaret Thatcher : « There is no alternative ». Qu’il s’agisse de rationalité économique ou de rationalité guerrière, l’effet est le même : la fermeture de l’imagination politique au nom d’une nécessité supposée. Au sommet de la Guerre froide, Galtung a souligné que les conflits présentés comme inévitables dissimulaient souvent les stratégies géopolitiques des superpuissances, qui ont délibérément favorisé des guerres par procuration et des guerres d’usure afin de fragiliser leurs rivaux. Dans une réflexion d’une remarquable clairvoyance, Galtung (1984) suggère que les grandes puissances peuvent avoir un intérêt stratégique à empêcher certains conflits de trouver une issue. Au lieu de se confronter directement, elles peuvent externaliser les coûts et les risques de la rivalité géopolitique en soutenant ou en favorisant même des conflits parmi des États alliés de moindre importance, les transformant ainsi en arènes de confrontation par procuration. On peut considérer le conflit ukrainien comme une version actualisée de cette stratégie éprouvée héritée de la guerre froide. Au lieu d’externaliser les coûts de la rivalité géopolitique en les partageant avec des alliés européens, le conflit semble aussi créer des opportunités pour les États‑Unis de retirer des avantages économiques et stratégiques d’une situation d’urgence militaire provoquée — ou laissée sciemment dégénérer. Contrairement aux interventions militaires à grande échelle que Washington a menées directement durant les deux décennies précédentes et qui se sont avérées extrêmement coûteuses et de plus en plus insoutenables, ce schéma déplace une part importante des coûts économiques et politiques sur ses alliés tout en préservant de nombreux avantages stratégiques. Le défi militaire lancé à la Russie — que les États‑Unis très endettés cherchent désormais à transférer sur les épaules de l’Europe — représente, pour Washington, une opportunité unique de récentralisation des capitaux, de redressement économique et de rééquilibrage de sa balance des paiements (Brancaccio, Giammetti et Lucarelli 2022). Du point de vue de l’Europe, la fascination aussi empressée que parfaitement résistible de l’Europe pour le réarmementrappelle l’attitude imprudente de celui qui s’éprend de la corde destinée à le pendre. Les États-Unis bénéficient économiquement en vendant aux Européens les armes nécessaires pour transformer l’Ukraine en un « porc-épic d’acier » inattaquable (pour reprendre l’expression d’Ursula von der Leyen). Pour l’Europe, le risque bien réel de nous mettre la guerre dans la tête est de nous retrouver bientôt avec des armes hors de prix sur l’estomac. La façon méprisante dont Trump se sent autorisé à traiter les dirigeants européens — y compris la prétendue « bâtisseuse de ponts » Giorgia Meloni — ne découle pas seulement de sa conception impérialiste des relations internationales, mais aussi de la posture servile que l’Europe ne cesse d’adopter vis-à-vis des intérêts stratégiques américains. En ce sens, l’avertissement de Kant demeure d’une brûlante actualité : « Si tu te fais ver de terre, ne te surprends pas si on t’écrase avec le pied » (1797). Notre propos ne porte pas, en tout état de cause, sur le cadre économique et géopolitique du conflit russo-ukrainien. Plus précisément, il concerne le réarmement culturel et communicationnel, autrement dit la « bellicisation » du discours public et du sens commun, activement promue par des leaders d’opinion et des intellectuels influents, avec une insistance et une force de persuasion toujours plus grandes. C’est, à nos yeux, le trait caractéristique de la transformation culturelle en cours : notre propre « guerre dans la tête ». Nous ne parlons pas de la guerre comme conflit armé concret, ni de ses horreurs et de ses ravages ; nous n’entendons pas davantage aborder la question géopolitique de savoir si le réarmement européen pourrait constituer le premier noyau d’une conscience politique européenne. Au contraire, et afin d’éviter tout malentendu, affirmons-le d’emblée : si les Européens veulent réellement parvenir à une union politique véritable et efficace, ce projet doit s’appuyer sur un ensemble d’institutions communes aux États membres, telles qu’une politique étrangère commune, une dette européennecommune, un cadre fiscal unifié et des systèmes harmonisés de santé et de protection sociale. Seule une telle base pourrait permettre à un système de défense européen intégré et interopérable d’acquérir un sens véritablement politique. Sans ces infrastructures européennes communes, l’Europe risque de passer directement d’une union de marché à une union militaire, voire du welfare au warfare, sans jamais devenir une vraie communauté politique. Cependant, ce ne sont pas ces problèmes purement politiques que notre livre cherche à traiter. Il propose une analyse médiologique et culturelle plutôt qu’une approche géopolitique (voir Bennato, Farci et Fiorentino 2023) : elle met l’accent sur le rôle des leaders d’opinion plutôt que sur des décisions gouvernementales spécifiques, et sur les discours qui façonnent le sens commun plutôt que sur des lignes d’action concrètes et des programmes militaires. Nous visons spécifiquement à dénoncer le réarmement des mots et des esprits plutôt que celui des missiles et des drones. En d’autres termes, nous cherchons à analyser et à critiquer ce que nous définissons comme la « bellicisation discursive de la société » : une transformation activement et obstinément poursuivie de nos manières de penser et d’agir, afin de les mettre au service d’un ordre social armé culminant dans une véritable mentalité guerrière. Un exemple significatif est la première déclaration de Mark Rutte en tant que Secrétaire général de l’OTAN, le 15 janvier 2025. Il a affirmé que bien que la préparation militaire de l’OTAN ait augmenté, elle reste insuffisante pour faire face aux menaces anticipées sur les quatre à cinq prochaines années : « Pour prévenir la guerre, nous devons la préparer. Il est temps de passer à un état d’esprit de guerre (wartime mindset), ce qui signifie que nous devons rendre nos défenses encore plus fortes, en dépensant davantage pour la défense et en produisant des capacités de défense plus nombreuses et de meilleure qualité ». Du point de vue de Rutte, un passage urgent vers un état d’esprit de guerre est requis — c’est‑à‑dire l’adoption d’une véritable pédagogie belliciste, soutenue par des maîtres à penser et des intellectuels organiques prêts à la mettre en pratique. Cela fournit une illustration convaincante de ce que nous appelons la « bellicisation de la société », un terme que nous utilisons pour indiquer non seulement la militarisation des institutions, mais une réorientation culturelle et cognitive plus profonde vers la normalisation et l’anticipation de la guerre comme horizon structurant de la vie sociale. Nous reviendrons ensuite sur le rôle et la responsabilité des intellectuels. Pour l’instant, il est approprié d’examiner les raisons de la fièvre guerrière qui gagne le Vieux Continent. [1] Dans le dialecte napolitain, l’expression « ’a guerra ’n capa » (littéralement, « la guerre dans la tête ») désigne un état de profonde agitation psychique marqué par un conflit intérieur, où des impulsions opposées et des pensées contradictoires luttent pour s’imposer, empêchant la personne de parvenir à une décision ferme. Par extension, l’expression fait également allusion à la fixation obsessive sur un problème, une idée ou un dessein, au point de monopoliser l’attention. Avoir « ’a guerra ’n capa » évoque ainsi un esprit assiégé par des pensées intrusives qui alimentent un état persistant d’inquiétude et de tourment. En ce sens, l’expression ne renvoie pas uniquement à un conflit intérieur, mais aussi à une forme d’occupation de la conscience par une logique qui finit par gouverner la perception et le jugement. Download Pdf de prof. Davide Borrelli ici. Davide Borrelli_La guerre dans la tête_2026Download NOUS TENONS À REMERCIER LE PROFESSEUR DAVIDE BORRELLI POUR SES TRAVAUX INTÉRESSANTS SUR LA MILITARISATION DES ÉCOLES, DES UNIVERSITÉS ET DE LA SOCIÉTÉ CIVILE, DANS LESQUELS L’OBSERVATOIRE CONTRE LA MILITARISATION DES ÉCOLES ET DES UNIVERSITÉS A ÉGALEMENT ÉTÉ CITÉ. -------------------------------------------------------------------------------- Se come associazioni o singoli volete sostenerci economicamente potete farlo donando su questo IBAN: IT06Z0501803400000020000668 oppure qui: FAI UNA DONAZIONE UNA TANTUM Grazie per la collaborazione. Apprezziamo il tuo contributo! Fai una donazione -------------------------------------------------------------------------------- FAI UNA DONAZIONE MENSILMENTE Apprezziamo il tuo contributo. Dona mensilmente -------------------------------------------------------------------------------- FAI UNA DONAZIONE ANNUALMENTE Apprezziamo il tuo contributo. Dona annualmente
War in the Head: Against the Militarization of Thought by Davide Borrelli
BY DAVIDE BORRELLI, PROFESSOR OF THE SOCIOLOGY OF CULTURAL AND COMMUNICATIVE PROCESSES AT THE “SUOR ORSOLA BENINCASA” UNIVERSITY OF NAPLES; PUBLISHED ON JUNE 26, 2026, ON WWW.ZENODO.ORG UNDER A COPYLEFT LICENSE. Abstract Today, Europe seems to speak only the language of rearmament; it has “war in its head”. Diplomacy has fallen silent, politics is fading, and military urgency now shapes public discourse. This book denounces the “bellicisation” of our society—the infiltration of the logic of war into our collective imagination and mindset—revealing how it has reshaped perceptions, relationships, and political life. Through a socio-cultural analysis, it unpacks the normalisation of war as the default response to global crises, showing how militarised language and narratives distort reality and weaken critical consciousness. Europe, once conceived as a project of peace, is increasingly transforming itself into a fortress—not only in material terms but also in the symbolic realm. In an age marked by growing desensitisation to the threat of conflict and by the celebration of "resilience" as a military virtue, this book issues a radical appeal: to disarm our language in order to rebuild an anthropology of coexistence. Against the intellectual endorsement of "warrior virtues" as the foundation of social cohesion, it argues for an urgent rethinking of the future grounded in the gentleness of the just, openness to others, and the absolute rejection of war. Table of Contents * Preface * Toward a Governmentality of War * Fortress Europe * Ourselves as Enemies * A Missed Opportunity, a Possibility Worth Rediscovering * The Care of Peace * From Person to Role: War as a Machine of Symbolic Annihilation * Normalizing War to Govern Instability * The Traps of Deterrence * The Banalization of War and the New “Spirits” of Europe * The Weaponisation of Discourse: A Cultural Analysis * The End of a Certain Illusion? Bellicisation and the Myth of Western Civilization * War of Words Against Outsiders * The University of Peace and the Art of Human Relations: The Lesson of Virginia Woolf * The University of War * The New Military School * Resilience: From Economic to Military Virtue * Arm Yourself and March: The Intellectuals Who Stay Behind * The Power of the Neutral: For a Politics of Equiproximity * The Color of Wheat: For a Pedagogy of Peace * What Peace is Made Of: From Tolerance to Desire * The Quiet Ethics of the Just * Critique and Clinic: Disarming Discourse, Caring for the World * Merchant’s Ears:Wilful Deafness in the Age of Bellicist Realism * The Planetary Agenda: Overcoming the Severing and the Anthropocentric Matrix * Bibliographic References Preface > He who takes pleasure in tracing an etymology. […] > He who prefers others to be right. > These people, unaware, are saving the world. > (Jorge Luis Borges, The Just, 1981) > Hence if it should be required Blood at all costs > Go offer yours If you enjoy it > (Ivano Fossati, The Deserter, 1992) > Until we think we have the monopoly of “good,” > Until we speak of our civilization as the only civilization, > Ignoring others, we are not on the right path > (Tiziano Terzani, Letters Against War, 2002) “I caught the war in my head. It’s trapped inside my head”. With these words, the controversial and visionary novelist Louis-Ferdinand Céline (1934, p. 3) described the lasting effects of combat, recalling the moment he was severely wounded in the ear as a young cavalryman during the First World War. Judging by Europe’s response to Russia’s invasion of Ukraine, Israel’s campaign in Gaza—which many have described as genocidal—and, more recently, the escalation across the Middle East, the Old Continent seems to have lost the ability to imagine solutions outside military logic. Specifically, Europe has relied almost exclusively on military support to Ukraine, long tolerated in Gaza what it publicly claimed to condemn, and, when confronted with Israeli and U.S. attack on Iran, appeared far more concerned with economic fallout than with upholding international law. At times, European leaders have even adopted a Pontius Pilate stance, washing their hands of this aggression and refusing either to endorse or condemn it. If Céline described war as an obsession lodged within the individual mind, today one could argue that Europe itself has “caught the war in its head”. To borrow a vivid expression from the Neapolitan dialect, our political community now seems to be suffering from a genuine guerra ’n capa syndrome[1]—that is, a “war in the head”. This book argues that Europe is undergoing discursive and psychopolitical bellicisation, a process in which war is no longer merely a possible event but the organising horizon of thought. In this framework, “war in the head” does not refer purely to an individual’s psychological state but to a broader transformation whereby political and institutional life, as well as everyday common sense, are increasingly reorganised around the anticipation and normalisation of conflict. The obsession with war is also reflected in seemingly marginal symbolic choices, which turn out to be emblematic of the cultural climate we are experiencing. Consider, for example, the statement issued by the President of the Piedmont Region, who, on the eve of Liberation Day in Italy (25 April 2025), paid tribute to the Alpini (mountain infantry) who died in Russia in the Second World War, claiming that they sacrificed themselves “for our freedom”. To say the least, it is a surprising assertion, as it recasts an aggressive military campaign launched by Mussolini and Hitler as a heroic defense of democratic values. This is precisely what happens when a society have a guerra ’n capa. For some time now, the European Union has fallen prey to a fatal intoxication with bellicism. The threat of a Russian attack, real or perceived, now monopolizes public debate and dictates an increasing share of political decisions. Yet, while rushing to firmly condemn Putin, Europe has remained largely passive in the face of the massacres in Gaza. This is evident in the EU’s inability to reach the necessary consensus to suspend the EU–Israel Association Agreement (2000), due to vetoes, primarily from Germany and Italy. But Europe also has war in its head, as it seems to be seeking to revitalize its sluggish economy by shifting investment from civilian infrastructure to military spending and, in particular, by redirecting Cohesion Funds (designed to reduce regional disparities among Member States) towards the arms industry, only then to submit to Trump’s dictates and resign itself to financing the US defence industry within the framework of the PURL initiative (Prioritised Ukraine Requirements List), promoted by NATO. Finally, it has war in its head mainly because it seeks to normalise it, to make it appear as an acceptable option among others. It does so, for example, by promoting, through educational programs, the formation of a culture of belligerence, namely, a mentality that justifies the use of force as a plausible response to current challenges, pushing public opinion and institutions to consider war as a normal part of the current geopolitical order and of the security mechanisms of the Member States. It is no longer merely a matter of a military response, but of a profound transformation of our way of being and thinking. With regard to such policies, which aim to mithridatize us—to make us gradually accustomed to war—it is only painful to see how far we have moved away from the very spirit of UNESCO, and how that spirit has been overturned, as stated in its founding declaration: “Since wars begin in the minds of men, it is in the minds of men that the defences of peace must be constructed”. Undoubtedly, we live in a world marked by deep international tensions, some of which we Europeans have, to a certain extent, contributed to creating through self-interest, political shortsightedness, or sheer passivity. Even if we accept that the Russian threat is real and that European anxieties are justified, it remains crucial to scrutinize the ways in which this sense of alarm is internalized and translated into political, cultural, symbolic, and discursive forms. Moreover, another reason why “war in the head” may be said to characterize our present condition is that the obsession with war becomes a fixed idea that dominates public consciousness and leaves little room for alternative concerns. It claims absolute priority and demands exclusive attention, relegating every other issue to the background. In Neapolitan dialect, a guerra ‘n capa is also used to describe a state of profound inner discord—a conflict, indeed a war, between opposing impulses, between a thought and its opposite. One might see this contradiction, for instance, in the widespread expectation that Russia was on the verge of military collapse because of its perceived inferiority and then, suddenly, in open defiance of the principle of non-contradiction, the frantic rush to rearm for fear of an imminent Russian invasion. A proposition cannot be both true and false merely because political convenience requires it. A comparable cognitive dissonance is evident in Europe’s response to Israel’s massacre of Palestinian civilians. While European governments profess their commitment to human rights and, in some cases, even declare their support for the recognition of the State of Palestine, they continue supplying Israel with weapons and offer political and legal cover. After all, Israel is doing Europe’s “dirty work,” as German Chancellor Friedrich Merz candidly acknowledged. Such paradoxes reveal a more fundamental tension, one that is emblematic of the war in the head. The dominant logic of war clashes with the idealized image we cultivate of ourselves and with the very values on which we claim to base our democratic and civic identity. This condition is a psychopolitical pathology. It is also the tangible symptom of a modernity that has become emotionally “explosive” (Illouz 2024): many of its core institutions are increasingly in tension with one another, generating profound contradictions within individuals themselves. The anxiety, frustration, and collective fear that result are both reflected and amplified at the political level, feeding a vicious cycle that distorts political judgment and social priorities, ultimately transforming political and diplomatic questions into military ones. The paranoid fixation on rearmament stems from a profound tension between two opposing dispositions: on the one hand, an emerging governmentality of war; on the other, Europe’s long-standing purported culture of dialogue and peace. In this sense, a guerra ’n capa functions as a kind of mise en abyme: an expression so dense with meaning that it produces a conceptual vertigo, confronting us with the possibility that the real war in the head is becoming our own. It reflects back the image of a continent marked by deep tensions, suspended between what it fears, what it claims to defend itself against, and what it is—perhaps without ever having consciously or democratically chosen it—increasingly becoming. It is precisely on this slippage—silent, inexorable, and continuous, like the classical metaphor of the boiling frog—that this book seeks to open up critical reflection. The object of this book is not to determine whether war or rearmament is ethically justified or strategically effective. Rather, it is to interrogate the forms of subjectivity, political rationality, and governmental practices that are produced when war comes to structure our way of seeing the world. Against the hegemonic narrative that presents rearmament as inevitable and seeks to confine us within a horizon defined by permanent tension, we recall the seminal work of the pioneer of peace research, Johan Galtung, There are Alternatives!. Its central message is a powerful reminder that even in conflicts that appear irredeemably deadlocked, there always remains the possibility—and, we would argue, the necessity—of imagining different paths. This fundamental claim by the Norwegian scholar stands in stark contrast to the governing philosophy of our time, epitomized by Margaret Thatcher’s dictum that “there is no alternative.” Whether applied to economic rationality or to the emerging rationality of war, the effect is the same: the foreclosure of political imagination in the name of necessity. At the height of the Cold War, Galtung pointed out that conflicts presented as inevitable often masked the geopolitical strategies of the superpowers, which deliberately fostered proxy wars and wars of attrition in order to weaken their rivals. In a remarkably prescient reflection, Galtung (1984) suggested that great powers may have a strategic interest in preventing certain conflicts from being resolved. Rather than confronting one another directly, they can externalize the costs and risks of geopolitical rivalry by sustaining or even fostering conflicts among smaller allied states, thereby transforming them into proxy arenas of confrontation. One may consider the war in Ukraine as an updated version of this “Cold Pawn” strategy. Rather than merely externalizing the costs of geopolitical rivalry by sharing them with European allies, the conflict also appears to have created opportunities for the United States to derive significant economic and strategic advantages from a prolonged military emergency. Unlike the large-scale military interventions that Washington undertook directly in the previous two decades, which ultimately proved financially burdensome and increasingly unsustainable, this model shifts a substantial share of both economic and political costs onto its allies while preserving many of the strategic benefits. The military challenge posed to Russia—which the heavily indebted United States is now seeking to shift onto Europe’s shoulders—represents, for Washington, a unique opportunity for the recentralization of capital, economic recovery, and the rebalancing of its balance of payments (Brancaccio, Giammetti and Lucarelli 2022). From this perspective, Europe’s zealous fascination with rearmament inevitably recalls the imprudent attitude of someone who, out of love for the rope with which they are destined to hang themselves, embraces their own destruction. The United States benefits economically from selling the arsenal required to turn Ukraine into an impregnable “steel porcupine” (to use Ursula von der Leyen’s expression). The tangible risk of having war in our heads is that we may soon be forced to carry its economic burden in our stomachs. The contemptuous way in which Trump feels entitled to treat European leaders—including the selfstyled “bridge-builder” Giorgia Meloni—stems not only from his imperial conception of international relations, but also from the submissive posture that Europe repeatedly adopts toward US strategic interests. In this respect, Kant’s warning remains strikingly relevant: “One who makes himself a worm cannot complain afterwards if people step on him” (1797). Our concern is not with the economic and geopolitical background of the Russian–Ukrainian conflict, but with the cultural and communicative process through which influential opinion leaders and public intellectuals have progressively weaponized public discourse and, with it, common sense. In our view, this is the defining feature of the ongoing cultural transformation: our own war in the head. We are not talking about war as a concrete armed conflict, nor about its horrors and devastation. Nor do we intend to address the geopolitical question of whether European rearmament might serve as a first embryo of a European political consciousness. On the contrary, we argue that if Europeans are to move towards a genuine and effective political union, this project must be grounded in a set of shared institutions among Member States, such as a common foreign policy, common debt, a unified fiscal framework, and harmonized healthcare and welfare systems. Only on such a foundation could an integrated and interoperable European defence system acquire genuine political meaning. Lacking these common European infrastructures, Europe risks moving directly from a market union to a military union, from welfare to warfare, without ever becoming a true political community. However, it is not these purely political issues that our book seeks to address. Ours is a mediological and cultural analysis rather than a geopolitical one (see Bennato, Farci and Fiorentino 2023): It focuses on the role of opinion leaders rather than on specific governmental decisions, and on the discourses that shape common sense rather than concrete policies or military programmes. We aim specifically to denounce the rearmament of words and minds rather than that of missiles and drones. In other words, we seek to analyse and criticise what we define as the “discursive weaponisation of society”: a transformation that is actively and persistently pursued in the ways we think and act, so that they come to support, sustain, and legitimate an armed configuration of society culminating in a form of mental warfare. A meaningful example is Mark Rutte’s first statement as NATO Secretary General on 15 January 2025. He argued that although NATO’s military readiness has increased, it remains insufficient to face the threats anticipated over the next four to five years: “To prevent war, we need to prepare for it. It’s time to shift to a wartime mindset, and this means we need to strengthen our defences even more by spending more on defence and producing more and better defence capabilities”. In Rutte’s view, an urgent shift to a wartime mindset is required—that is, the adoption of a pedagogy of militarisation, supported by authoritative thinkers and organic intellectuals who actively promote and implement it. This provides a compelling illustration of what we call the “bellicisation of society”, a term we use to indicate not merely the militarisation of institutions, but a deeper cultural and cognitive reorientation toward the normalisation and anticipation of war as a structuring horizon of social life. We will return later to the role and responsibility of intellectuals. For now, it is more appropriate to examine the reasons behind the war fever that has come to pervade the Old Continent. [1] In the Neapolitan dialect, the expression “’a guerra ’n capa” (literally, “the war in one’s head”) denotes a state of profound psychological turmoil characterized by internal conflict, where opposing impulses and contradictory thoughts compete for dominance, leaving the individual unable to reach a stable decision. By extension, the phrase implies an obsessive, compulsive fixation on a specific problem, idea, or goal. To “have a war in one’s head” (tener ’a guerra ’n capa) thus evokes a mind persistently besieged by intrusive thoughts that absorb attention and generate a lasting state of mental agitation and inner distress. Download the PDF of the full text by Davide Borrelli here. Davide_Borrelli_ War in the Head. Against the Militarization of ThoughtDownload WE WOULD THANK PROF. DAVIDE BORRELLI FOR HIS INTERESTING WORK ON THE MILITARIZATION OF SCHOOLS, UNIVERSITIES, AND CIVIL SOCIETY, IN WHICH THE OBSERVATORY AGAINST THE MILITARIZATION OF SCHOOLS AND UNIVERSITIES WAS ALSO CITED. -------------------------------------------------------------------------------- Se come associazioni o singoli volete sostenerci economicamente potete farlo donando su questo IBAN: IT06Z0501803400000020000668 oppure qui: FAI UNA DONAZIONE UNA TANTUM Grazie per la collaborazione. Apprezziamo il tuo contributo! Fai una donazione -------------------------------------------------------------------------------- FAI UNA DONAZIONE MENSILMENTE Apprezziamo il tuo contributo. Dona mensilmente -------------------------------------------------------------------------------- FAI UNA DONAZIONE ANNUALMENTE Apprezziamo il tuo contributo. Dona annualmente
La guerra in testa. Contro la militarizzazione del pensiero di Davide Borrelli
DI DAVIDE BORRELLI, DOCENTE DI SOCIOLOGIA DEI PROCESSI CULTURALI E COMUNICATIVI PRESSO L’UNIVERSITÀ “SUOR ORSOLA BENINCASA” DI NAPOLI, PUBBLICATO IL 26 GIUGNO 2026 SU WWW.ZENODO.ORG IN COPYLEFT. Abstract Oggi l’Europa sembra conoscere solo il linguaggio del riarmo: ha la guerra in testa. La diplomazia tace e la politica si eclissa, mentre l’emergenza militare domina il discorso pubblico. Questo pamphlet denuncia la penetrazione della frenesia bellica nel nostro immaginario e nella nostra mentalità, svelando come abbia alterato percezioni, relazioni e politiche. Attraverso un’analisi culturale e sociologica, il testo smaschera la normalizzazione della guerra come risposta automatica alle crisi globali, mostrando come termini, concetti e narrazioni militariste deformino la realtà e anestetizzino la coscienza critica. L’Europa della pace si è trasformata in una fortezza, materiale non meno che simbolica. In un’epoca segnata dall’assuefazione alla minaccia e dall’esaltazione della “resilienza” come virtù bellica, questo libro lancia un appello radicale: disarmare il linguaggio per ricostruire un’antropologia della convivenza. Contro il ritorno delle “virtù guerriere” come fondamento del legame sociale, auspicato da certi intellettuali, è urgente ripensare il futuro partendo dalla mitezza dei giusti, dall’apertura all’altro e dal ripudio della guerra. Indice Premessa Verso una governamentalità bellica La fortezza Europa Nemici a noi stessi Un’occasione perduta, una possibilità da riscoprire La cura della pace Dalla persona al ruolo: la guerra come macchina di annientamento simbolico Normalizzare la guerra per governare l’instabilità Le trappole della deterrenza La banalizzazione della guerra e il nuovo “spirito” dell’Europa La guerrificazione discorsiva della società: un’analisi culturale Scomode rivelazioni Guerra di parole contro gli outsider L’università della pace e l’arte dei rapporti umani: la lezione di Virginia Woolf L’università della guerra La nuova scuola militarista La resilienza: da virtù economica a virtù bellica Armiamoci e partite! Potenza del neutro: per una politica di equivicinanza Il colore del grano: per una pedagogia della pace La sostanza di cui è fatta la pace: dalla tolleranza al desiderio L’etica silenziosa dei giusti Critica e clinica: disarmare il discorso, curare il mondo Fare orecchie da mercante nell’età del realismo bellicista Le sfide che ci attendono: un nuovo sguardo sul pianeta Riferimenti bibliografici > Chi scopre con piacere un’etimologia […] > Chi preferisce che abbiano ragione gli altri. > Queste persone, che si ignorano, stanno salvando il mondo. > (Jorge Luis Borges, I giusti, 1981) > Per cui se servirà del sangue ad ogni costo andate a dare il vostro se vi > divertirà. > (Ivano Fossati, Il disertore, 1992) > Fino a quando penseremo di avere il monopolio del “bene”,  > fino a che parleremo della nostra civiltà come la civiltà, > ignorando le altre, non saremo sulla buona strada > (Tiziano Terzani, Lettere contro la guerra, 2002) Premessa “Mi sono beccato la guerra nella testa. Ce l’ho chiusa nella testa”. Sono le parole con cui lo scrittore maledetto per eccellenza, Louis-Ferdinand Céline (1934, p. 26), descriveva gli effetti della sua personale esperienza della guerra, a partire dal momento in cui, da giovane corazziere a cavallo, fu gravemente ferito a un orecchio combattendo nella prima guerra mondiale. A giudicare da come l’Europa ha gestito l’aggressione della Russia all’Ucraina, le derive genocidiarie di Israele a Gaza e, da ultimo, l’escalation in Medio Oriente, il Vecchio Continente sembra aver decisamente smarrito la capacità di immaginare soluzioni che non siano dettate dalla logica militare. Nella vicenda ucraina ha puntato quasi esclusivamente sul sostegno armato; nel caso di Gaza ha tollerato a lungo ciò che dichiarava di deplorare; di fronte all’attacco di Israele e Stati Uniti contro l’Iran si è mostrato assai più preoccupato delle ricadute economiche del conflitto che della tenuta del diritto internazionale. In qualche caso è arrivato perfino ad adottare atteggiamenti pilateschi che pretendevano di non condividere e insieme di non condannare. Se Céline ha descritto la guerra come un’ossessione che si insedia nella coscienza individuale, oggi potremmo affermare che è l’Europa tutta a essersi “beccata la guerra in testa”. Anzi, per sfruttare tutte le sfumature di senso connotate da una pittoresca espressione del dialetto partenopeo, sarebbe proprio il caso di dire che la comunità politica di cui siamo parte soffra ormai di una vera e propria sindrome della “guerra ‘n capa”. L’ossessione per la guerra si riflette anche in scelte simboliche apparentemente marginali, ma che si rivelano emblematiche del clima culturale che stiamo vivendo. È il caso, ad esempio, delle dichiarazioni rilasciate dal presidente della Regione Piemonte, che alla vigilia della Festa della Liberazione del 25 aprile del 2025 ha reso omaggio agli alpini caduti in Russia nella Seconda guerra mondiale, dicendo che si sarebbero sacrificati “per la nostra libertà”. Un’affermazione che suona quanto meno sorprendente visto che spaccia per eroico atto di difesa dei valori democratici quella che è stata in realtà una tragica campagna d’aggressione militare condotta da Mussolini e da Hitler. Sono cose che succedono, appunto, quando si ha la “guerra ‘n capa”. Da qualche tempo l’Unione Europea sembra preda di una fatale ebbrezza bellicista. La minaccia di un attacco russo, reale o presunta, monopolizza ormai il dibattito pubblico e orienta una quota crescente delle decisioni politiche. Mentre si precipita a condannare fermamente Putin, l’Europa resta invece sostanzialmente inerte di fronte alle stragi di Gaza. Ne è prova l’incapacità di raggiungere il consenso necessario per sospendere l’Accordo di associazione con Israele del 2000, per via del veto posto in particolare da Germania e Italia. Ma l’Europa ha la guerra in testa anche perché, a quanto pare, ha deciso di dare impulso alla propria stagnante economia trasferendo investimenti dalle infrastrutture civili a quelle militari e dirottando, in particolare, i Fondi di coesione (cioè quelli destinati a ridurre le disparità regionali fra i Paesi membri) verso l’industria delle armi, salvo poi piegarsi ai diktat di Trump e rassegnarsi a finanziare quella degli Stati Uniti nell’ambito dell’iniziativa PURL (Prioritised Ukraine Requirements List) promossa dalla NATO. E, infine, ha la guerra in testa soprattutto perché sta cercando in ogni modo di normalizzarla, di renderla un’opzione accettabile fra le altre. Lo fa, ad esempio, promuovendo fin dai programmi educativi la formazione di una cultura bellicista, ossia di una mentalità che giustifica l’uso della forza come risposta plausibile alle sfide del presente, spingendo opinione pubblica e istituzioni a considerare la guerra una componente normale dell’attuale ordine geopolitico e dei meccanismi di sicurezza degli Stati membri. Non si tratta più soltanto di una risposta militare, ma di una trasformazione profonda del nostro modo di essere e di pensare. Rispetto a politiche come questa, che mirano a mitridatizzarci e a sensibilizzarci alla guerra, c’è solo da constatare con rammarico quanto ci siamo allontanati e come sia stato letteralmente capovolto lo spirito dell’UNESCO, nella cui dichiarazione istitutiva si legge: “poiché le guerre nascono nella mente degli uomini, è nello spirito degli uomini che devono essere poste le difese della pace”. Senza dubbio viviamo in un mondo agitato da molte e gravi tensioni internazionali, alcune delle quali noi Europei abbiamo in qualche misura contribuito a far esplodere per interesse, per insipienza o semplicemente per ignavia. Tuttavia, anche ammesso che la minaccia russa sia concreta e le preoccupazioni europee effettivamente fondate, siamo convinti che sia doveroso vigilare su come questo allarme venga interiorizzato e si vada traducendo in scelte politiche, culturali, simboliche e comunicative. C’è, infatti, un altro motivo per ritenere che la “guerra in testa” esprima la nostra attuale condizione di europei sull’orlo di un esaurimento di nervi. L’ossessione della guerra è un pensiero fisso che ci attanaglia e non lascia spazio ad altri pensieri: rivendica priorità assoluta e pretende attenzione esclusiva, fino a mettere in secondo piano ogni altra preoccupazione. D’altra parte, “tenere ‘a guerra ‘n capa” è una frase che si utilizza per descrivere uno stato di profondo dissidio interiore (un conflitto, una guerra appunto) tra impulsi opposti, tra un pensiero e il suo contrario. Ad esempio, se ne può considerare un tipico sintomo essersi a lungo aspettati l’imminente crollo militare della Russia per manifesta inferiorità e, poi, tutto ad un tratto e sfidando apertamente il principio di non contraddizione per cui una proposizione non può essere vera e falsa a seconda delle convenienze, correre precipitosamente a riarmarsi per paura di esserne invasi. Analogo atteggiamento schizofrenico emerge anche a proposito della mattanza dei civili palestinesi che Israele compie praticamente indisturbata: mentre si pretende il rispetto dei diritti umani e in qualche caso addirittura si proclama il riconoscimento dello stato di Palestina, non si disdegna di continuare a foraggiare Israele di armi e ad assicurargli copertura politica e giuridica in quanto starebbe in fondo facendo il “lavoro sporco” per noi, come ha candidamente ammesso il cancelliere tedesco Friedrich Merz. Paradossi come questi evidenziano una tensione più generale che è emblematica della guerra che abbiamo in testa: il fatto è che il pensiero dominante della guerra stride con l’immagine edificante che coltiviamo di noi stessi e con i valori fondativi di quella che ci inorgoglisce considerare la nostraidentità democratica e civile. In questo atteggiamento c’è con tutta evidenza qualcosa di psicopoliticamente patologico, il che è anche il segno tangibile di una modernità divenuta ormai emotivamente “esplosiva” (Illouz 2024), in cui “molte delle principali caratteristiche istituzionali sono entrate in conflitto tra loro, creando profonde tensioni e contraddizioni nell’individuo” (p. 15). L’ansia, la frustrazione e la paura collettiva che ne derivano si riflettono e si amplificano a livello politico, alimentando un circolo vizioso che influenza in modo perverso le decisioni e le priorità della nostra società e finisce per convertire questioni politiche e diplomatiche in problemi esclusivamente militari. L’ossessione paranoica che oggi si concentra sul riarmo scaturisce da un dissidio lacerante tra due propensioni divergenti che si esprimono in orientamenti all’azione antitetici: da un lato, il nostro nuovo assetto di guerra e, dall’altro, la nostra tradizionale cultura di dialogo e di pace. Insomma, “’a guerra ‘n capa” è una sorta di mise en abyme: un’espressione così densa di senso da provocare una vertigine che rischia di farci venire essa stessa la guerra in testa. Ci restituisce l’immagine di un continente attraversato da tensioni profonde, sospeso tra ciò che teme, ciò da cui dice di difendersi, e ciò che, forse senza averlo davvero deciso in modo consapevole e democratico, sta pericolosamente diventando. È proprio su questo slittamento – silenzioso ma inesorabile e costante, come la classica bollitura della rana nella pentola a fuoco lento – che intendiamo provocare una riflessione critica. Oggetto di questo testo non è la guerra in sé, e nemmeno il riarmo militare: se sia giusto o sbagliato eticamente, adeguato o inefficace politicamente. Contro la narrazione egemonica che mira a persuaderci dell’inevitabilità del riarmo e a intrappolarci in un destino segnato dalla tensione bellica, è opportuno richiamare un celebre testo del pioniere della peace research Johan Galtung, dal titolo Ci sono alternative!. È un potente invito a ricordarci che anche nelle situazioni di conflitto che sembrano più compromesse e prive di vie d’uscita, esiste sempre, in realtà, la possibilità (e diremmo, la necessità) di immaginare una soluzione diversa. Un’affermazione di principio, quella dello studioso norvegese, che si pone evidentemente in netto contrasto con la filosofia che governa il nostro mondo, esemplificata dal motto thatcheriano there is no alternative, siache si applichi alla razionalità economica, sia a quella bellica. Lo stesso Galtung, al culmine della guerra fredda, metteva in luce come dietro conflitti presentati come inevitabili si celassero spesso le strategie delle superpotenze, interessate a innescare guerre per procura e di logoramento contro il proprio rivale. In una riflessione lucida che suona oggi particolarmente attuale si chiedeva: “forse l’intenzione è quella di mantenere sempre vivo il conflitto? Oppure può darsi che la superpotenza voglia tenere il conflitto lontano da se stessa e cerchi di ‘dividere costi e rischi’ alimentando e addirittura creando dei conflitti tra gli alleati di rango minore e l’altra superpotenza? E questa strategia non sarebbe esattamente in linea con quella delle basi avanzate, di modo che le superpotenze possano nascondersi dietro a stabili processi di formazione del conflitto tra i paesi di rango minore di entrambi gli schieramenti?” (Galtung 1984, p. 244). L’impressione è che, da parte della superpotenza americana, il conflitto in Ucraina costituisca una versione aggiornata di questa collaudata strategia da guerra fredda: non più, cioè, soltanto un tentativo difensivo di esternalizzare il conflitto e ripartirne i costi con gli alleati europei, ma un vero e proprio progetto di trarne profitto economico sfruttando un’emergenza militare, provocata o lasciata deliberatamente degenerare, per arginare l’enorme debito pubblico degli Stati Uniti verso l’estero. Le guerre che fino a pochi anni fa gli Stati Uniti caldeggiavano e intraprendevano in prima persona hanno rappresentato un costo che nel tempo si è rivelato finanziariamente insostenibile. Al contrario, la sfida militare contro la Russia di cui oggi il gigante americano indebitato spinge l’Europa a farsi carico, costituisce per esso un’imperdibile occasione di ricentralizzazione dei capitali, risanamento economico e riequilibrio della bilancia dei pagamenti (Brancaccio, Giammetti e Lucarelli 2022). Da questo punto di vista, la zelante e resistibilissima fascinazione dell’Europa per il riarmo fa venire in mente, purtroppo, l’improvvido atteggiamento di chi si innamora della corda con cui lui stesso è destinato a essere impiccato. Gli USA si arricchiscono vendendo a noi europei l’arsenale necessario per fare dell’Ucraina un “porcospino di acciaio” inattaccabile dalla Russia (per usare l’espressione di Ursula von der Leyen): il rischio tangibile del nostro avere la guerra in testa è di ritrovarci presto a dover fare i conti con costosissime armi sullo stomaco. Il trattamento sprezzante che Trump si sente autorizzato a riservare ai leader europei (compresa la sedicente  “pontiera” Giorgia Meloni) dipende senza dubbio dalla concezione imperiale delle relazioni internazionali che gli è propria, ma anche dalla postura servile che l’Europa non perde occasione di assumere di fronte alle priorità e agli interessi strategici degli Stati Uniti. Del resto, è quanto mai attuale il monito di Kant, “chi si fa verme non può poi lamentarsi di essere calpestato” (1797, p. 491). Oggetto del nostro discorso non è, in ogni caso, lo scenario economico e geopolitico che fa da sfondo al conflitto russo-ucraino. Più specificamente, ci interessa il riarmo culturale e comunicativo, ossia la “guerrificazione” del discorso pubblico e del senso comune che autorevoli opinion leader e intellettuali stanno attivamente promuovendo con sempre maggiore insistenza e forza persuasiva. È questo fenomeno a costituire, a nostro avviso, l’aspetto più significativo del cambiamento culturale in atto, della nostra personale e inquietante “guerra ‘n capa”. Non è tanto della guerra come conflitto combattuto che vogliamo parlare, dunque, né del suo carico di orrori e di disperazione. Neanche intendiamo discutere dell’opportunità geopolitica per l’Europa di perseguire il riarmo come primo embrione di una coscienza politica europea. Anzi, a scanso di equivoci, lo dichiariamo subito, crediamo che se come europei vogliamo davvero arrivare a dotarci di una reale ed efficace unione politica è necessario che la costruiamo su una serie di fattori condivisi tra i Paesi membri, come ad esempio una politica estera e un debito comune, un fisco unico, un sistema sanitario e un welfare che abbiano standard di funzionamento omogenei e da ultimo, come conseguenza di tutto ciò, eventualmente anche un sistema di difesa integrato e interoperabile. In mancanza di queste infrastrutture comunitarie, il rischio è di passare da un’Europa dei mercati a un’Europa in assetto bellico senza soluzioni di continuità. Ma lo ribadiamo, non è di questi aspetti propriamente politici che si occupa il libro. La nostra è un’analisi culturale e mediologica più che geopolitica (cfr. Bennato, Farci e Fiorentino 2023): accende i riflettori sul ruolo dei leader di opinione più che sulle decisioni dei leader governativi, si occupa di discorsi che danno forma al senso comune prima ancora che di decisioni che si concretizzano in specifiche linee di azione e programmi militari. Nostro obiettivo specifico è denunciare il riarmo delle parole e delle menti prima ancora che quello dei missili e dei droni. Intendiamo, cioè, analizzare e criticare ciò che definiamo come “guerrificazione” discorsiva della società, ossia la trasformazione, attivamente e ostinatamente perseguita, del nostro modo di essere e di pensare perché possa assecondare, sostenere e legittimare un assetto armato che si compatti intorno a una mentalità bellica. Ne è un esempio significativo la dichiarazione del segretario generale della NATO Mark Rutte del 15 gennaio 2025: “abbiamo piani militari solidi, la prontezza delle nostre forze è aumentata, le esercitazioni militari sono più grandi e più frequenti – ha spiegato l’ex premier olandese -. Tutto questo è essenziale, ma non è sufficiente per affrontare i pericoli che ci attendono nei prossimi quattro o cinque anni. Lo ripeto: per prevenire la guerra dobbiamo prepararci”. Occorrerebbe, a suo avviso, un urgente “passaggio a una mentalità di guerra”, insomma una vera e propria pedagogia bellicista con tanto di maîtres a penser e di intellettuali organici disposti a praticarla. Ecco un’efficace esemplificazione di ciò che definiamo guerrificazione discorsiva della società. Sul ruolo e sulla responsabilità degli intellettuali diremo in seguito, adesso è il caso di esaminare le ragioni della frenesia bellica che pervadono il Vecchio Continente. Scarica qui il pdf del testo completo di Davide Borrelli. 25 giugno 2026_la guerra in testaDownload RINGRAZIAMO IL PROF. DAVIDE BORRELLI PER L’INTERESSANTE LAVORO SULLA MILITARIZZAZIONE DELLA SCUOLA, DELL’UNIVERSITÀ E DELLA SOCIETÀ CIVILE, IN CUI È STATO ANCHE CITATO L’OSSERVATORIO CONTRO LA MILITARIZZAZIONE DELLE SCUOLE E DELLE UNIVERSITÀ. -------------------------------------------------------------------------------- Se come associazioni o singoli volete sostenerci economicamente potete farlo donando su questo IBAN: IT06Z0501803400000020000668 oppure qui: FAI UNA DONAZIONE UNA TANTUM Grazie per la collaborazione. Apprezziamo il tuo contributo! Fai una donazione -------------------------------------------------------------------------------- FAI UNA DONAZIONE MENSILMENTE Apprezziamo il tuo contributo. Dona mensilmente -------------------------------------------------------------------------------- FAI UNA DONAZIONE ANNUALMENTE Apprezziamo il tuo contributo. Dona annualmente