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Il Proletariato ha le Piume
di Paperino. Monologo raccolto da Fabrizio Melodia (*). A seguire un percorso – molto serio – di letture. Prendetela come una «scor-data» per i 90 anni di Donald Duck.   Mi chiamo Paperino. Sono un lavoratore. Forse mi conoscete. Forse avete riso delle mie disavventure, delle mie esplosioni di rabbia, dei miei fallimenti continui. Forse pensate che io sia semplicemente
[Podcast] RentAHuman: Lotsa Hype, Little Substantive Innovation
Antonio Casilli from the DiPLab appeared on Rai Radio 3 Scienza to discuss RentAHuman, a job listing platform that claims to be operated by “AI agents.” Casilli characterized the platform as potentially misleading: a service that markets itself with the rhetoric of artificial intelligence but may in reality rely entirely on human labor. He suggested that the site’s goal could be to attract investors with promises of cutting-edge technology, while offering little substantive innovation. The conversation raises broader questions about the way AI is leveraged in contemporary digital platforms. RentAHuman exemplifies a recurring pattern in which the promise of automation is used as a marketing tool, often obscuring the actual labor dynamics behind the service. For those interested in hearing Casilli’s analysis firsthand, the episode is available as a podcast:
February 19, 2026
DiPLab
[Video] India Summit: Who owns AI?
India AI Impact Summit is coming to a close. DiPLab’s Antonio Casilli was interviewed on France 24 (English) about data centers, data work, and sovereignty-as-a-service in the Global South.
February 19, 2026
DiPLab
DiPLab’s Antonio Casilli Contributes to Spain’s International Report on Democracy at Work
We are pleased to announce that DiPLab’s co-director, Professor Antonio Casilli, contributed expert testimony to the International High-Level Expert Committee on Democracy at Work for the Spanish Government, whose final report will be publicly released tomorrow, Monday, February 2, 2026, at 11am CET in Madrid. ABOUT THE REPORT Established by the Ministry of Labour of the Government of Spain, the Expert Committee on Democracy at Work brought together international experts to examine critical challenges facing workers in the contemporary economy. The Committee’s comprehensive report represents months of research, deliberation, and expert testimony from leading scholars and practitioners worldwide. Professor Casilli’s testimony, delivered at online hearings in May 2025, focused on “The Crisis of Informality and the Global Value Chain,” bringing DiPLab’s groundbreaking research on data work and AI labor into this crucial policy conversation. In his testimony, Professor Casilli presented findings from DiPLab’s extensive research programme on Digital Platform Labor, highlighting a frequently overlooked dimension of algorithmic management: the externalized, largely invisible labor that powers artificial intelligence development. Professor Casilli’s complete testimony to the Committee is available below: Hearing_Casilli_Democracy_Work_Spain_May_2025Download The presentation examined data work as an essential but systematically undervalued component of AI production systems. Drawing on DiPLab’s field research across multiple continents—including French- and English-speaking countries in Africa (Madagascar, Kenya, Cameroon, Côte d’Ivoire, Uganda, Egypt), Spanish- and Portuguese-speaking countries in Latin America (Venezuela, Colombia, Brazil, Mexico, Argentina), and South and Southeast Asia (India, Philippines, Bangladesh, Nepal, China)—Professor Casilli documented stark disparities in compensation and working conditions. As Professor Casilli emphasized, while AI appears to be “produced” in the Global North where major technology companies maintain their headquarters, this masks a complex reality: data production remains concentrated in the Global South, with labor flowing through established patterns that reflect linguistic, colonial, and economic connections. REPORT RELEASE When: Monday, February 2, 2026, at 11:00 AM CET Where: Ministry of Labour, Madrid (live-streamed) Live stream: https://www.youtube.com/live/frTjUx2TOb8 The complete report will be published in both English and Spanish at noon CET on the dedicated website: * English: https://reportondemocracyatwork.org/en/home/ * Spanish: https://reportondemocracyatwork.org/es/home/
February 1, 2026
DiPLab
When AI Becomes the Excuse: Mass Layoffs and the Automation Narrative
DiPLab’s Antonio Casilli interview with journalist Pierric Marissal was published in the French newspaper L’Humanité on Thursday, January 29, 2026, discussing a troubling trend: companies increasingly citing artificial intelligence and automation as rationale for large-scale layoffs, even as the reality behind these claims reveals a more complex—and often contradictory—picture. Huma Jan 2026 1Download ANTONIO CASILLI : « AVEC L’IA, CAPGEMINI TRANSFORME SON PLAN DE LICENCIEMENT EN ARGUMENT MARKETING » L’Humanité Pierric Marissal La multinationale du conseil vient d’annoncer 2 400 suppressions de postes en France, au prétexte de l’intelligence artificielle. Pour le sociologue Antonio Casilli, il s’agit d’un effet d’annonce : l’entreprise réduit ses coûts tout en mettant en avant l’efficacité des systèmes d’IA qu’elle vend dans le même temps. — Capgemini a annoncé la semaine dernière 2 400 suppressions de postes en France, prenant l’intelligence artificielle comme prétexte. Comment interprétez-vous cette annonce ? Les géants du conseil surfent aujourd’hui sur l’inquiétude qu’ils ont eux-mêmes éprouvée en découvrant, en 2023-24, l’ampleur de l’utilisation de l’IA générative par leurs propres équipes. Les collaborateurs de Capgemini, Accenture, McKinsey, EY et consorts se servaient déjà massivement de ces outils au quotidien. Cela a constitué une sorte de banc d’essai avant que les directions ne décident de transformer cette découverte en opportunité commerciale, amplifiant au passage les craintes du marché pour mieux se positionner comme solution. C’est dans leur ADN, finalement : identifier une tendance et la convertir en business. Parce que les GAFAM et OpenAI ne sont pas les seuls à commercialiser l’IA. Quand une entreprise du CAC 40 veut mettre en place une solution d’IA, elle ne s’adresse pas nécessairement directement au créateur de la technologie. Elle passe plutôt par un intermédiaire, Capgemini par exemple, qui lui promet de développer la solution idéale et de la personnaliser selon ses besoins spécifiques. Et c’est là que ces entreprises transforment leurs propres plans de licenciements en argument marketing, une manière de dire aux clients : « regardez, nos outils sont tellement bons, tellement disruptifs, que nous aussi nous avons pu réduire le coût de notre propre travail ». Un message qui passe tout à fait bien également auprès des actionnaires. — Ces derniers mois, il y a eu des licenciements similaires chez Accenture, Amazon, Microsoft, Meta, Tata Consulting Group… Tous relèvent de la même logique ? Certains sont en effet des effets d’annonce de ce type, pour d’autres, il s’agit plutôt d’un ajustement de la force de travail. Par exemple, pendant le Covid, Facebook a eu une politique de recrutement très agressive pour capter des ingénieurs et ne pas les laisser à ses concurrents. Puis le groupe a tout aussi massivement licencié, en laissant croire que l’IA en était la cause. L’an passé, Amazon a mis à la porte 30 000 personnes, toujours au même prétexte. Sauf que dans la foulée, un cadre dirigeant de la multinationale a expliqué qu’il n’y avait pas réellement d’automatisation ni de motif économique à ces suppressions de postes, mais qu’il s’agissait d’un « changement de culture ». Cela veut dire que chez Amazon notamment, l’intelligence artificielle devient aussi un moyen de discipliner la force de travail : les travailleurs doivent accepter d’être sous la menace permanente d’une épée de Damoclès, qui prend la forme d’une IA, mais qui reste au fond un chantage à l’emploi classique. Les entreprises ont compris que lorsqu’elles prétendent que c’est l’IA la cause des suppressions de postes, le législateur ne s’insurge pas, les corps intermédiaires pas vraiment non plus, donc elles peuvent licencier à tour de bras sans craindre de conséquences directes ou indirectes. — Pourquoi ces plans de licenciements ne soulèvent-ils pas plus de protestations ? Il y a une question culturelle : on ne pourrait pas aller contre le progrès. Voilà quelque chose qu’on a intégré depuis le XIXᵉ siècle. Aussi, et c’est spécifique à l’intelligence artificielle, il y a le fait qu’on ne la met jamais en doute. On ne questionne pas son efficacité ni l’existence même de cette technologie. C’est-à-dire que si on dit aux salariés « on va vous remplacer par de l’intelligence artificielle », on n’a pas le réflexe de demander « mais quelle IA ? Où est-elle ? » Nous avons un parfait exemple en France avec Onclusive. En 2023, la moitié des salariés apprend qu’ils vont être licenciés, remplacés par une IA. Mais petit à petit, ces travailleurs rassemblent tous les éléments pour démontrer qu’en réalité, leur travail est délocalisé dans un pays tiers, à bas coût. Et dans l’entreprise, la première brique d’intelligence artificielle est arrivée deux ans après les licenciements, en 2025. Cela illustre bien le fait que collectivement, on ne met pas assez en doute cette technologie. Même si depuis peu, des voix commencent à s’élever pour expliquer qu’il y a beaucoup d’exagération dans les promesses de l’IA, qu’elles relèvent dans certains cas du mensonge, de l’arnaque, voire d’un mythe quasi-religieux. — Est-ce que, dans le cas de Capgemini, il n’y a pas aussi une forme de délocalisation non dite ? Capgemini produit et vend de l’intelligence artificielle en utilisant les mêmes ficelles que les autres. Et derrière leur promesse de baisser le coût du travail, on retrouve aussi des petites mains. Fin 2025, le groupe a finalisé l’acquisition de WNS, un de leurs sous-traitants, pour 3,3 milliards de dollars. C’est une entreprise de plusieurs dizaines de milliers de travailleurs qui se présente comme une plateforme de producteurs de services pour l’intelligence artificielle. Souvent, ils ajoutent une mention du type « de l’IA alliée au savoir-faire humain ». Mais c’est tout simplement de l’IA faite par des humains, souvent littéralement à la main. Ces entreprises s’occupent de l’entraînement et de la vérification, en mettant au travail des ouvriers de la donnée un peu partout dans le monde. WNS a des équipes partout en Afrique, en Asie, mais aussi en Europe comme en Roumanie. Capgemini n’est pas la seule : Meta vient de payer 14,5 milliards de dollars pour racheter Scale AI, une entreprise qui s’appuie sur un réseau de plateformes dans de nombreux pays, de manière opportuniste, c’est-à-dire en cherchant la meilleure opportunité pour optimiser, voire minimiser les coûts de ce travail. Ce qui importe, c’est d’obtenir le résultat voulu dans des coûts maîtrisés et dans les temps impartis, qu’il faille 5 000 ou 200 000 personnes pour ce faire. Des entreprises comme Capgemini internalisent ou externalisent selon les exigences du moment. Lorsqu’il s’agit de développer des produits à haut niveau de confidentialité ou de type secret défense, il est préférable d’avoir le contrôle sur toute la chaîne de production. Et le même jour où Capgemini a annoncé le licenciement de 2 400 personnes, il a été révélé que l’entreprise avait aussi passé un contrat avec ICE, la force paramilitaire des services de l’immigration aux États-Unis. On peut ainsi expliquer cette tendance à l’internalisation de sous-traitants par le fait que ces dernières années, le secteur de la tech s’est largement réorienté vers le militaire, ou du moins le régalien. — Quand on les questionne sur ces petites mains de l’IA — qu’elles s’efforcent d’invisibiliser — ces entreprises disent qu’elles ne sont qu’un recours temporaire, le temps que la technologie s’améliore. Qu’en pensez-vous ? La première fois qu’on m’a posé la question, c’était en 2017. J’ai écrit En attendant les robots à ce sujet en 2019, et le livre est plus que jamais d’actualité. Non, je ne crois pas que ce soit un passage temporaire. Pour décrire le travail des ouvriers de la donnée, on parle d’entraînement de l’IA et cette métaphore est très parlante : pour rester en forme, il ne suffit pas de s’entraîner une fois, il faut s’entraîner régulièrement. Donc tant que nous utiliserons des systèmes d’apprentissages automatiques, il faudra des données mises à jour, conformes avec la réalité, donc travaillées par des data workers, qui réentraînent les IA pour toutes les tâches qui évoluent. Je dirais même, au contraire, que cette masse de travailleurs n’a jamais été aussi nombreuse. Ils sont d’ailleurs toujours très nombreux à se connecter depuis chez eux sur des plateformes de micro-tâches comme Outlier. D’autres travaillent de manière plus formalisée dans de grands centres d’appels transformés en centres de travail de la donnée. Mais ce n’est pas parce qu’ils sont rémunérés par de grosses entreprises qu’ils ont un contrat de travail en bonne et due forme : souvent, le seul document qu’ils ont à signer est une clause de confidentialité. — Avec votre groupe de recherche, le DiPLab (Digital Platform Labor), vous avez travaillé sur les travailleurs de la donnée au Venezuela et en Égypte. Pourquoi ce choix ? Dans la communauté scientifique s’est installée récemment la notion d’extractivisme numérique. Les pays du Nord extraient autant le travail humain que les ressources naturelles. Et parmi les travailleurs de la donnée d’Amérique latine qui triment pour les géants étasuniens, une proportion considérable est au Venezuela. Le coup d’État mené par les États-Unis est venu confirmer la pertinence de ce concept d’extractivisme, et ses liens avec l’impérialisme des puissances du Nord. Depuis 2017, et l’embargo imposé par la première administration Trump au Venezuela, le pays vit une vague d’appauvrissement progressif et d’émigration. Qu’ils soient restés ou en exil, les Vénézuéliens sont très nombreux à se connecter sur les plateformes pour effectuer des micro-tâches. C’est aussi un moyen pour eux d’être payés en dollars. En Égypte, la logique est assez différente. Disposant de moins de pétrole que ses voisins du Golfe, le pays est devenu économiquement dépendant de l’Europe, des États-Unis et de la Chine. Et le travail de la donnée fait office de baromètre de cette dépendance. Nous avons rencontré par exemple des travailleurs qui, depuis le Caire, sont rémunérés par des startups du Golfe pour entraîner des modèles chinois. Ils travaillent aussi avec des entreprises américaines comme Meta. Les Égyptiens représentent une force de travail nombreuse et stable, qui œuvre pour les trois blocs géopolitiques. On vient de produire un rapport à ce sujet avec Myriam Raymond : Data Work in Egypt: Who Are the Workers Behind Artificial Intelligence? Rapport DiPLab 2025-26. https://arxiv.org/abs/2601.06057
January 29, 2026
DiPLab