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La guerre dans la tête. Contre la bellicisation de la pensée
PAR DAVIDE BORRELLI, PROFESSEUR DE SOCIOLOGIE DES PROCESSUS CULTURELS ET COMMUNICATIONNELS À L’UNIVERSITÉ « SUOR ORSOLA BENINCASA » DE NAPLES ; PUBLIÉ LE 26 JUIN 2026 SUR WWW.ZENODO.ORG SOUS LICENCE COPYLEFT. Abstract Aujourd'hui, l'Europe semble ne plus parler que le langage du réarmement ; elle a « la guerre dans la tête ». La diplomatie s'est tue, la politique s'efface, et l'urgence militaire façonne désormais le discours public. Cet ouvrage dénonce la « bellicisation » de notre société — c'est-à-dire l'imprégnation de la logique de la guerre dans notre imaginaire et notre conscience collectifs — en montrant comment celle-ci reconfigure nos perceptions, nos relations et notre vie politique. À travers une analyse socioculturelle, il met au jour la normalisation de la guerre comme réponse automatique aux crises mondiales. Il montre également comment le langage et les récits militarisés déforment la réalité et affaiblissent l'esprit critique. L'Europe, autrefois conçue comme un projet de paix, se transforme progressivement en une forteresse, non seulement sur le plan matériel, mais aussi sur le plan symbolique. À une époque marquée par une désensibilisation croissante face à la menace des conflits et par l'exaltation de la « résilience » comme vertu militaire, ce livre lance un appel radical : désarmer notre langage afin de reconstruire une anthropologie du vivre-ensemble. Contre ceux qui érigent les « vertus guerrières » en fondement de la cohésion sociale, il plaide pour une réévaluation urgente de notre avenir, fondée sur la douceur des justes, l'ouverture à l'autre et le rejet absolu de la guerre. * Introduction * Vers une gouvernementalité de guerre * L’Europe forteresse * Nous-mêmes comme ennemis * Une occasion perdue, une possibilité à redécouvrir * Le soin de la paix * De la personne au rôle : la guerre comme machine d’anéantissement symbolique * Normaliser la guerre pour gouverner l’instabilité * Les pièges de la « dé-terrence » * La banalisation de la guerre et le nouvel « esprit » de l’Europe * La bellicisation du discours : une analyse culturelle * La fin d’une certaine illusion ? Bellicisation et mythe de la civilisation occidentale * Guerre des mots contre les outsiders * L’université de la paix et l’art des relations humaines : la leçon de Virginia Woolf * L’université de la guerre * La nouvelle école militariste * Résilience : de vertu économique à vertu militaire * Armons-nous et partez ! Les intellectuels qui restent à l’arrière * La puissance du neutre : pour une politique d’équiproximité * La couleur du blé : pour une pédagogie de la paix * De quoi est faite la paix : de la tolérance au désir * L’éthique silencieuse des justes * Critique et clinique : désarmer le discours, prendre soin du monde * Faire la sourde oreille (fare orecchie da mercante): du réalisme capitaliste au réalisme belliciste * L’agenda planétaire : dépasser la scission du vivant Introduction Celui qui découvre avec bonheur une étymologie… Celui qui préfère que les autres aient raison. Tous ceux-là, qui s’ignorent, sauvent le monde. (Jorge Luis Borges, « Les Justes », 1981) S’il fallait du sang à tout prix, offrez donc le vôtre, si tel est votre désir. (Ivano Fossati, Il disertore, 1992) Jusqu’à ce que nous pensions détenir le monopole du « bien », jusqu’à ce que nous parlions de notre civilisation comme de la seule civilisation, en ignorant toutes les autres, nous ne sommes pas sur la bonne voie. (Tiziano Terzani, Lettere contro la guerra, 2002) « J’ai attrapé la guerre dans ma tête. Elle est enfermée dans ma tête ». Avec ces mots, l’écrivain maudit par excellence Louis‑Ferdinand Céline (1934, p. 3) décrivait les effets de son expérience personnelle de la guerre, à partir du moment où, jeune cuirassier, il fut grièvement blessé à l’oreille pendant la Première Guerre mondiale. À en juger par la manière dont l’Europe a réagi à l’agression russe contre l’Ukraine, aux dérives génocidaires d’Israël à Gaza et, plus récemment, à l’escalade au Moyen‑Orient, le Vieux Continent semble avoir définitivement perdu la capacité d’imaginer des solutions échappant à la logique militaire. Dans le cas de l’Ukraine, il a presque exclusivement parié sur le soutien militaire ; à Gaza, il a longtemps toléré ce qu’il disait déplorer ; et face aux frappes israéliennes et américaines contre l’Iran, il a paru davantage préoccupé par les conséquences économiques que par le respect du droit international. Les dirigeants européens ont même adopté une posture à la Ponce Pilate, s’en lavant les mains et allant, dans certains cas, jusqu’à déclarer qu’ils ne partageaient pas ces agressions, sans pour autant les condamner. Si Céline décrivait la guerre comme une obsession qui s’installe dans la conscience individuelle, on pourrait aujourd’hui dire que l’Europe elle‑même a « attrapé la guerre dans sa tête ». Pour reprendre une expression imagée du dialecte napolitain, notre communauté politique semble désormais souffrir d’un véritable syndrome de la guerra ’n capa[1] — c’est‑à‑dire d’une « guerre dans la tête ». Ce livre soutient que l’Europe connaît aujourd’hui un processus de bellicisation discursive et psychopolitique : un processus dans lequel la guerre n’est plus seulement un événement possible, mais devient l’horizon organisateur de la pensée. Dans ce cadre, la « guerre dans la tête » ne renvoie pas seulement à l’état psychologique d’un individu, mais surtout à une transformation collective, par laquelle la vie politique et le sens commun se réorganisent autour de l’anticipation et de la normalisation du conflit. En définitive, ce livre ne prétend pas proposer une théorie générale des guerres contemporaines, mais une généalogie des conditions culturelles qui rendent possible leur normalisation. L’obsession pour la guerre se reflète également dans des choix symboliques apparemment marginaux, mais qui se révèlent emblématiques du climat culturel que nous vivons. Ainsi, prenons l’exemple du président de la région du Piémont qui, la veille de la Journée de la Libération en Italie (25 avril 2025), a rendu hommage aux Alpini (l’infanterie de montagne) tombés en Russie pendant la Seconde Guerre mondiale, en affirmant qu’ils s’étaient sacrifiés « pour notre liberté ». C’est, pour le moins, une affirmation surprenante, car elle réinterprète une campagne militaire d’agression lancée par Mussolini et Hitler comme une défense héroïque des valeurs démocratiques. C’est précisément ce qui arrive lorsqu’une société a la guerra ’n capa. Depuis quelque temps, l’Union européenne semble en proie à une véritable ivresse belliciste. La menace d’une attaque russe, réelle ou supposée, monopolise le débat public et oriente une part croissante des décisions politiques. Pourtant, alors qu’elle condamne fermement Poutine, l’Europe reste largement passive face aux massacres à Gaza. Cela se manifeste notamment par l’incapacité de l’UE à obtenir le consensus nécessaire pour suspendre l’accord d’association UE‑Israël (2000), en raison des veto opposés principalement par l’Allemagne et l’Italie. Mais l’Europe a aussi la guerre dans la tête, car elle semble vouloir relancer une économie stagnante en réorientant les investissements des infrastructures civiles vers les infrastructures militaires. Pire encore, elle détourne des Fonds de cohésion — destinés à réduire les disparités régionales entre les États membres — au profit de l’industrie de l’armement, et se plie aux diktats de Trump, allant jusqu’à se résigner à financer l’industrie américaine dans le cadre de l’initiative PURL (Prioritised Ukraine Requirements List) promue par l’OTAN. Et surtout, l’Europe a la guerre dans la tête parce qu’elle s’emploie désormais par tous les moyens à la normaliser, à en faire une option acceptable parmi d’autres. Elle le fait, par exemple, en promouvant, à travers ses programmes éducatifs, une véritable culture de la guerre — une mentalité qui érige l’usage de la force face aux défis présentés comme existentiels. Elle pousse ainsi l’opinion publique et les institutions à considérer la guerre comme une composante normale de l’ordre géopolitique et des mécanismes de sécurité des États membres. Il ne s’agit plus seulement d’une réponse militaire, mais d’une transformation profonde de notre manière d’habiter le monde et de le penser. Face à de telles politiques, qui visent à nous mithridatiser en nous accoutumant à la guerre, on mesure combien nous nous sommes éloignés de l’esprit même de l’UNESCO, jusqu’à en inverser le principe fondateur, selon la formule inaugurale de l’Organisation : « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ». Nous vivons sans aucun doute dans un monde traversé par des tensions internationales profondes, dont certaines, nous autres Européens, avons contribué à les alimenter par intérêt, par aveuglement ou tout simplement par lâcheté. Même à supposer que la menace russe soit réelle et que les angoisses européennes soient justifiées, nous avons le devoir de scruter la manière dont cet état d’alerte s’intériorise et se traduit en choix politiques, culturels, symboliques et discursifs. Il y a en effet une autre raison de dire que la « guerre dans la tête » exprime notre condition actuelle d’Européens au bord de l’épuisement nerveux. L’obsession de la guerre est une idée fixe. Elle nous tenaille, colonise la conscience publique, s’arroge une priorité absolue. Elle exige une attention exclusive et relègue toute autre préoccupation au second plan. Dans le dialecte napolitain, avoir la guerra ’n capa est également utilisé pour décrire un état de profonde fracture intérieure — une guerre, en effet, entre des impulsions opposées, entre une pensée et son contraire. On en trouve un symptôme typique dans le fait d’avoir longtemps annoncé l’effondrement militaire imminent de la Russie en raison de son infériorité supposée, puis, soudain, au mépris du principe de non-contradiction — selon lequel une proposition ne peut être à la fois vraie et fausse au gré des circonstances —, de se lancer dans une course effrénée au réarmement par crainte d’une invasion russe. La même schizophrénie se retrouve dans l’attitude adoptée face au massacre des civils palestiniens, qu’Israël poursuit pratiquement sans entrave. Alors même que l’Europe se réclame des droits de l’homme et que certains gouvernements vont jusqu’à annoncer leur intention de reconnaître l’État de Palestine, elle continue à fournir des armes à Israël et à lui garantir une couverture politique et juridique, au motif qu’il ferait, au fond, le « sale boulot » pour notre compte, comme l’a reconnu sans détour le chancelier allemand Friedrich Merz. De tels paradoxes révèlent une contradiction béante, ce qui est emblématique de la guerre dans la tête. Le discours dominant sur la guerre entre en contradiction avec l’image édifiante que nous cultivons de nous-mêmes et avec les valeurs mêmes sur lesquelles nous prétendons fonder notre identité démocratique et civique. Il y a manifestement, dans cette attitude, quelque chose de pathologique sur le plan psychopolitique. Elle est aussi le symptôme tangible d’une modernité devenue émotionnellement « explosive » (Illouz 2024), dont plusieurs caractéristiques institutionnelles entrent de plus en plus en tension, produisant chez les individus des contradictions et des tensions profondes. L’anxiété, la frustration et la peur collective qui en résultent se reflètent et s’amplifient au niveau politique, alimentant un cercle vicieux qui pervertit les décisions politiques et la hiérarchie des priorités collectives. La fixation paranoïaque sur le réarmement découle ainsi d’une tension profonde entre deux logiques antagonistes : d’une part, une gouvernementalité de guerre émergente ; d’autre part, la prétendue culture européenne du dialogue et de la paix. La guerra ’n capa fonctionne comme une véritable mise en abyme : une expressionsi chargée de sens qu’elle produit un vertige conceptuel, au point de nous mettre, nous aussi, la guerre dans la tête. Elle reflète l’image d’un continent marqué par des tensions profondes, suspendu entre ce qu’il craint, ce contre quoi il déclare se défendre, et ce qu’il est en train de devenir — peut‑être sans l’avoir jamais choisi consciemment ou démocratiquement. C’est précisément cette dérive — silencieuse, inexorable et continue, comme la métaphore classique de la grenouille qu’on fait bouillir à petit feu — que ce livre entend soumettre à la critique. Il ne s’agit pas ici de savoir si la guerre ou le réarmement sont moralement justifiés ou politiquement efficaces. Ce livre porte sur le glissement qui convertit progressivement les questions politiques et diplomatiques en questions exclusivement militaires. Contre la narration hégémonique qui présente le réarmement comme inévitable et cherche à nous enfermer dans un horizon défini par une tension permanente, il n’est pas inutile de rappeler l’œuvre fondamentale du pionnier de la recherche sur la paix, Johan Galtung, There are Alternatives! Four Roads to Peace and Security (1984). Son message est simple et puissant : même les conflits qui paraissent sans issue laissent toujours ouverte la possibilité — et, dirions-nous, la nécessité — d’imaginer une autre issue. Il s’agit là d’une affirmation de principe qui tranche avec la philosophie dominante de notre temps, condensée dans la formule de Margaret Thatcher : « There is no alternative ». Qu’il s’agisse de rationalité économique ou de rationalité guerrière, l’effet est le même : la fermeture de l’imagination politique au nom d’une nécessité supposée. Au sommet de la Guerre froide, Galtung a souligné que les conflits présentés comme inévitables dissimulaient souvent les stratégies géopolitiques des superpuissances, qui ont délibérément favorisé des guerres par procuration et des guerres d’usure afin de fragiliser leurs rivaux. Dans une réflexion d’une remarquable clairvoyance, Galtung (1984) suggère que les grandes puissances peuvent avoir un intérêt stratégique à empêcher certains conflits de trouver une issue. Au lieu de se confronter directement, elles peuvent externaliser les coûts et les risques de la rivalité géopolitique en soutenant ou en favorisant même des conflits parmi des États alliés de moindre importance, les transformant ainsi en arènes de confrontation par procuration. On peut considérer le conflit ukrainien comme une version actualisée de cette stratégie éprouvée héritée de la guerre froide. Au lieu d’externaliser les coûts de la rivalité géopolitique en les partageant avec des alliés européens, le conflit semble aussi créer des opportunités pour les États‑Unis de retirer des avantages économiques et stratégiques d’une situation d’urgence militaire provoquée — ou laissée sciemment dégénérer. Contrairement aux interventions militaires à grande échelle que Washington a menées directement durant les deux décennies précédentes et qui se sont avérées extrêmement coûteuses et de plus en plus insoutenables, ce schéma déplace une part importante des coûts économiques et politiques sur ses alliés tout en préservant de nombreux avantages stratégiques. Le défi militaire lancé à la Russie — que les États‑Unis très endettés cherchent désormais à transférer sur les épaules de l’Europe — représente, pour Washington, une opportunité unique de récentralisation des capitaux, de redressement économique et de rééquilibrage de sa balance des paiements (Brancaccio, Giammetti et Lucarelli 2022). Du point de vue de l’Europe, la fascination aussi empressée que parfaitement résistible de l’Europe pour le réarmementrappelle l’attitude imprudente de celui qui s’éprend de la corde destinée à le pendre. Les États-Unis bénéficient économiquement en vendant aux Européens les armes nécessaires pour transformer l’Ukraine en un « porc-épic d’acier » inattaquable (pour reprendre l’expression d’Ursula von der Leyen). Pour l’Europe, le risque bien réel de nous mettre la guerre dans la tête est de nous retrouver bientôt avec des armes hors de prix sur l’estomac. La façon méprisante dont Trump se sent autorisé à traiter les dirigeants européens — y compris la prétendue « bâtisseuse de ponts » Giorgia Meloni — ne découle pas seulement de sa conception impérialiste des relations internationales, mais aussi de la posture servile que l’Europe ne cesse d’adopter vis-à-vis des intérêts stratégiques américains. En ce sens, l’avertissement de Kant demeure d’une brûlante actualité : « Si tu te fais ver de terre, ne te surprends pas si on t’écrase avec le pied » (1797). Notre propos ne porte pas, en tout état de cause, sur le cadre économique et géopolitique du conflit russo-ukrainien. Plus précisément, il concerne le réarmement culturel et communicationnel, autrement dit la « bellicisation » du discours public et du sens commun, activement promue par des leaders d’opinion et des intellectuels influents, avec une insistance et une force de persuasion toujours plus grandes. C’est, à nos yeux, le trait caractéristique de la transformation culturelle en cours : notre propre « guerre dans la tête ». Nous ne parlons pas de la guerre comme conflit armé concret, ni de ses horreurs et de ses ravages ; nous n’entendons pas davantage aborder la question géopolitique de savoir si le réarmement européen pourrait constituer le premier noyau d’une conscience politique européenne. Au contraire, et afin d’éviter tout malentendu, affirmons-le d’emblée : si les Européens veulent réellement parvenir à une union politique véritable et efficace, ce projet doit s’appuyer sur un ensemble d’institutions communes aux États membres, telles qu’une politique étrangère commune, une dette européennecommune, un cadre fiscal unifié et des systèmes harmonisés de santé et de protection sociale. Seule une telle base pourrait permettre à un système de défense européen intégré et interopérable d’acquérir un sens véritablement politique. Sans ces infrastructures européennes communes, l’Europe risque de passer directement d’une union de marché à une union militaire, voire du welfare au warfare, sans jamais devenir une vraie communauté politique. Cependant, ce ne sont pas ces problèmes purement politiques que notre livre cherche à traiter. Il propose une analyse médiologique et culturelle plutôt qu’une approche géopolitique (voir Bennato, Farci et Fiorentino 2023) : elle met l’accent sur le rôle des leaders d’opinion plutôt que sur des décisions gouvernementales spécifiques, et sur les discours qui façonnent le sens commun plutôt que sur des lignes d’action concrètes et des programmes militaires. Nous visons spécifiquement à dénoncer le réarmement des mots et des esprits plutôt que celui des missiles et des drones. En d’autres termes, nous cherchons à analyser et à critiquer ce que nous définissons comme la « bellicisation discursive de la société » : une transformation activement et obstinément poursuivie de nos manières de penser et d’agir, afin de les mettre au service d’un ordre social armé culminant dans une véritable mentalité guerrière. Un exemple significatif est la première déclaration de Mark Rutte en tant que Secrétaire général de l’OTAN, le 15 janvier 2025. Il a affirmé que bien que la préparation militaire de l’OTAN ait augmenté, elle reste insuffisante pour faire face aux menaces anticipées sur les quatre à cinq prochaines années : « Pour prévenir la guerre, nous devons la préparer. Il est temps de passer à un état d’esprit de guerre (wartime mindset), ce qui signifie que nous devons rendre nos défenses encore plus fortes, en dépensant davantage pour la défense et en produisant des capacités de défense plus nombreuses et de meilleure qualité ». Du point de vue de Rutte, un passage urgent vers un état d’esprit de guerre est requis — c’est‑à‑dire l’adoption d’une véritable pédagogie belliciste, soutenue par des maîtres à penser et des intellectuels organiques prêts à la mettre en pratique. Cela fournit une illustration convaincante de ce que nous appelons la « bellicisation de la société », un terme que nous utilisons pour indiquer non seulement la militarisation des institutions, mais une réorientation culturelle et cognitive plus profonde vers la normalisation et l’anticipation de la guerre comme horizon structurant de la vie sociale. Nous reviendrons ensuite sur le rôle et la responsabilité des intellectuels. Pour l’instant, il est approprié d’examiner les raisons de la fièvre guerrière qui gagne le Vieux Continent. [1] Dans le dialecte napolitain, l’expression « ’a guerra ’n capa » (littéralement, « la guerre dans la tête ») désigne un état de profonde agitation psychique marqué par un conflit intérieur, où des impulsions opposées et des pensées contradictoires luttent pour s’imposer, empêchant la personne de parvenir à une décision ferme. Par extension, l’expression fait également allusion à la fixation obsessive sur un problème, une idée ou un dessein, au point de monopoliser l’attention. Avoir « ’a guerra ’n capa » évoque ainsi un esprit assiégé par des pensées intrusives qui alimentent un état persistant d’inquiétude et de tourment. En ce sens, l’expression ne renvoie pas uniquement à un conflit intérieur, mais aussi à une forme d’occupation de la conscience par une logique qui finit par gouverner la perception et le jugement. Download Pdf de prof. Davide Borrelli ici. Davide Borrelli_La guerre dans la tête_2026Download NOUS TENONS À REMERCIER LE PROFESSEUR DAVIDE BORRELLI POUR SES TRAVAUX INTÉRESSANTS SUR LA MILITARISATION DES ÉCOLES, DES UNIVERSITÉS ET DE LA SOCIÉTÉ CIVILE, DANS LESQUELS L’OBSERVATOIRE CONTRE LA MILITARISATION DES ÉCOLES ET DES UNIVERSITÉS A ÉGALEMENT ÉTÉ CITÉ. -------------------------------------------------------------------------------- Se come associazioni o singoli volete sostenerci economicamente potete farlo donando su questo IBAN: IT06Z0501803400000020000668 oppure qui: FAI UNA DONAZIONE UNA TANTUM Grazie per la collaborazione. Apprezziamo il tuo contributo! Fai una donazione -------------------------------------------------------------------------------- FAI UNA DONAZIONE MENSILMENTE Apprezziamo il tuo contributo. Dona mensilmente -------------------------------------------------------------------------------- FAI UNA DONAZIONE ANNUALMENTE Apprezziamo il tuo contributo. Dona annualmente
Riscoprendo la falce d’oro tra campi stellati. Il libro della Luna, di Fatoumata Kébé
RISCOPRENDO LA FALCE D’ORO TRA CAMPI STELLATI Il libro della Luna ✏ Fatoumata Kébé 26 Settembre 2021/di Adele Akinyi Manassero CATEGORIE: Libreria  / Saggistica Tempo di lettura: 5 minuti * Il libro della Luna. Storia, miti e leggende, Fatoumata Kébé, Blackie Edizioni, 2021, traduzione dal francese di Chiara Manfrinato. Non parliamo molto spesso di saggistica su Afrologist, ma questa settimana mi piacerebbe parlarvi di un’opera che mi ha risvegliato i sensi, assopiti in questo settembre ormai finito: Il libro della Luna. Storia, miti e leggende (Blackie Edizioni, 2021) dell’astrofisica e astronoma francese Fatoumata Kébé. Non si dovrebbero mai giudicare i libri dal titolo e dalla copertina, ma ammetto che sono stati proprio questi due elementi a colpire la mia attenzione. Il primo per la sua semplicità evocativa che mi ha riportato per associazione alla cosmicomica La distanza della Luna di Calvino. La copertina invece, per il foro circolare che lascia intravedere la Luna calante come da un’oblò. Ancor prima di sapere che genere di libro fosse, mi sono ritrovata con la fantasia su una nave in mezzo all’oceano a contemplare il cielo. «LA LUNA È ALL’ORIGINE DI TUTTI I MITI E DI TUTTE LE RELIGIONI, PERCHÉ ESISTE DA SEMPRE, PERCHÉ L’UOMO LA OSSERVA DA SEMPRE. E DA QUANDO ESISTE L’UOMO, LA LUNA È SEMPRE LA STESSA: PERENNE, RASSICURANTE, MA ANCHE INQUIETANTE. CAMBIA FORMA, COLORE, FA SOLLEVARE GLI OCEANI, CRESCERE LE PIANTE, DANZARE I FOLLETTI. HA UNA FACCIA NASCOSTA.» Il libro della Luna è un saggio scientifico divulgativo che ripercorre in brevi e semplici capitoli tutti gli aspetti astronomici legati al nostro satellite, dalle ipotesi della sua nascita ai moti, le sue fasi e le eclissi, il calcolo del tempo e così via. Tratteggia l’influsso della Luna sulla Terra, gli animali e gli esseri umani. Ed accompagna spiegazioni scientifiche al racconto di leggende, credenze e miti che diverse popolazioni del mondo dal Paleolitico ad oggi hanno associato a questo corpo celeste nelle loro cosmologie, religioni e scienze. Come nella miglior tradizione divulgativa astronomica, l’autrice ha incorniciato ogni capitolo con titoli poetici che parlano da soli come: Conoscere la Luna per conoscere noi stessi, Una falce d’oro tra i campi stellati (citazione a Victor Hugo in La leggenda dei secoli), La leggenda del corpo senza testa e il mio preferito Nell’Oceano delle Tempeste. «LA LUNA ROSSA È ATTESA DAI GIARDINIERI FRANCESI PER LA SEMINA DELLE PATATE, MENTRE PROVOCA IL PANICO IN EUROPA DEL NORD, DOVE VIENE CHIAMATA LUNA DI SANGUE. LA MITOLOGIA SCANDINAVA EVOCA I LUPI DELLA LUNA, I FEROCI MÁNAGARMR, NATI DALL’UNIONE IMPROBABILE TRA IL LUPO FENRIR E LA GIGANTESSA JÁRNVIÐR. BESTIE SANGUINARIE E DIVORATRICI DI UOMINI CHE SI DIVERTONO A INGOIARE LA LUNA E POI A LORDARE DI SANGUE IL TRONO DEGLI DÈI.» Racconta infine la Storia delle spedizioni di cosmonauti russi e astronauti americani nella frenetica corsa allo Spazio durante la Guerra Fredda. In questo breve excursus, cita anche la matematica afroamericana Katherine Coleman, tra le poche donne reclutate all’inizio degli anni ’50 al NASA Langley Research Center per supervisionare i primi voli con passeggeri. Proprio i suoi calcoli, nel febbraio del 1962, salveranno la vita dell’astronauta John Glenn nel primo volo orbitale sulla capsula Friendship 7. «È LEI A STABILIRE L’ESATTO TRAGITTO DELLA CAPSULA INTORNO ALLA TERRA, E SOPRATTUTTO LA TRAIETTORIA DI RIENTRO NELL’ATMOSFERA, IL MOMENTO ESATTO IN CUI SARANNO ACCESI I RETRORAZZI, L’ALTERNATIVA IN CASO DI GUASTO, L’AMMARAGGIO NELLA ZONA DI RECUPERO, ECCETERA.» Unica mancanza: non aver incluso maggiori informazioni sulle cosmogonie africane (non limitate all’antico Egitto o al mondo arabo) e la storia di Edward Mukuka Nkoloso, insegnante e “afronauta” zambiano che nel 1964 lanciò lo Zambian Space Program e addestrò aspiranti astronauti per unirsi alla corsa allo Spazio. Bellissimo a questo proposito il pezzo sul New Yorker della scrittrice zambiana Namwali Serpell. Fatoumata Kébé ha racchiuso in un solo volume tutta la poesia e la passione di scienziata che la lega alla Luna: il “romanzo della sua vita”. Di famiglia originaria del Mali, questa promessa dell’astronomia francese, oltre a promuovere una maggiore partecipazione all’astronomia da parte delle donne, è impegnata come educatrice e divulgatrice in Francia e nel continente africano. Ha fondato Ephémérides: un programma di lezioni d’astronomia per ragazzi e ragazze provenienti da background svantaggiati, lanciandolo anche a Bamako. In quest’opera ci rivela il suo sogno: «andare nello spazio ed essere la prima donna a mettere piede sulla Luna». Nel frattempo, restiamo insieme a lei con il naso all’insù verso cieli stellati rischiarati dalla Luna.✎ INCIPIT «Nell’ultima sala di Lascaux, in fondo alla grotta, a circa due metri e mezzo di altezza, sulla parete di destra, è raffigurato un cavallo al galoppo. Non lo si nota subito. Eppure sembra che gli artisti del Paleolitico, nel tentativo di rappresentare il mondo, diciottomila anni fa, abbiano voluto conferirgli una particolare importanza. Il cavallo, infatti, domina tutti gli altri affreschi, anche se è quasi nascosto, e potrebbe avere una valenza sacra. Il suo profilo, dalle narici alla ganascia, lungo i fianchi e fino alla coda, è punteggiato da una lunga scia di stelle. Secondo gli studiosi, si tratterebbe di una rappresentazione delle diverse fasi lunari, un modo per misurare il tempo, un calendario.» Tags: astronomia, Blackie Edizioni, evidenza, Fatoumata Kébé, francese, Francia, luna, Mali, scienza CORRELATI IN CONGO TRA SOCIALISMO SCIENTIFICO E ALIENI. JAZZ E VINO DI PALMA, DI EMMANUEL DONGALA 26 Settembre 2020 / 0 Commenti Continua a leggere https://www.afrologist.org/wp-content/uploads/2020/07/Emmanuel-Dongala-Jazz-e-vino-di-palma-slider.jpg 844 1500 Adele Akinyi Manassero https://afrologist.org/wp-content/uploads/2019/02/Logo-bozza-Letture-afropolitane-con-libro-tutta-scritta-con-A-bis-1030x202.png Adele Akinyi Manassero2020-09-26 13:10:242021-07-19 11:17:10In Congo tra socialismo scientifico e alieni. Jazz e vino di palma, di Emmanuel Dongala L'articolo Riscoprendo la falce d’oro tra campi stellati. Il libro della Luna, di Fatoumata Kébé proviene da Afrologist.
September 26, 2021
Afrologist
Sipikat e assassini: quando il polar fa tappa in Senegal
SIPIKAT E ASSASSINI: QUANDO IL POLAR FA TAPPA IN SENEGAL Vita a spirale ✏ Abasse Ndione 19 Settembre 2021/di Eleonora Salvatore CATEGORIE: Libreria  / Narrativa  / Romanzo Tempo di lettura: 6 minuti * Vita a spirale, Abasse Ndione, e/o Edizioni, 2011, traduzione dal francese di Barbara Ferri. Vita a spirale, romanzo polar del senegalese Abasse Ndione, ha conosciuto un notevole successo sin dalla sua prima pubblicazione a cura delle Nouvelles Éditions Africaines du Sénégal nel 1984, anno in cui il maliano Modibo Sounkalo Keïta riceveva il Grand prix littéraire dell’Afrique Noire per L’Archer bassari, archetipo del romanzo polar africano in lingua francese. LA FORTUNA DEL ROMANZO POLAR Il genere polar, che cuce le strategie narrative proprie del romanzo poliziesco su personaggi che sono incarnazione ed espressione della cultura delle classi popolari, nella galassia letteraria dell’Africa francofona, è stato spesso considerato uno scarto di “sotto-letteratura”, tacciato dall’intelligentia africana di essere un “passatempo borghese”, come ha scritto Fanny Brasleret. In realtà il largo successo di pubblico che ha baciato questa costellazione così particolare nell’ambito dei generi narrativi, è legato a molteplici fattori. In primis il mutato contesto politico di produzione della letteratura stessa. Dal ritiro francese dal Senegal alla pubblicazione de La vie en spiral, infatti, sono trascorsi appena ventiquattro anni. La letteratura senegalese attraversa questa congiuntura storica interrogandosi su nuovi temi: l’atmosfera politica del post-indipendenza e il ruolo della religione in una società che si scopre meno secolarizzata del previsto eppure animata dalle controculture giovanili che picconano perfino i totem della fede. Altro fattore importante fu l’avvento di una letteratura di massa che parla la stessa lingua dei suoi lettori e che è allo stesso tempo immersione e radicamento in una società chiamata a fare i conti con la corruzione, l’incremento del tasso di criminalità e lo sfaldamento dei valori comunitari. In ultimo, una certa plasticità del genere polar a incrociare registri linguistici differenti – il francese amministrativo dell’autorità e del potere, e il wolof popolare non di rado declinato secondo uno slang criminale  – e a farsi interprete di un bisogno di comprensione del reale non intercettato dalle altre forme del romanzo. UNA TRAMA ROCAMBOLESCA Le pagine iniziali dell’opera si aprono col racconto ironico della sconfitta dei Gaïndé, i giocatori della nazionale di calcio del Senegal, impegnati nella partita di ritorno contro la selezione ivoriana nel girone di qualificazione alla fase finale della XIII Coppa d’Africa delle Nazioni. In un hotel di Abidjan, alcuni degli astri della nazionale senegalese, la sera stessa del loro arrivo nella capitale ivoriana, sono scoperti a fumare yamba e messi in prigione. La notizia dell’arresto riecheggia sdegnosamente nel Paese della teranga: esercito, polizia e guardia costiera ricevono l’ordine di radere al suolo i campi di canapa, nella striscia di terra compresa tra Géjawaay e Saint-Louis, e sgominare le reti di produzione e commercializzazione del “tabacco dei geni”. Due sono gli elementi interessanti che emergono da questa particolare ambientazione. Il primo è il riferimento, da “prosa del reale”, alla XIII Coppa d’Africa effettivamente disputata in Libia e vinta dalla nazionale ghanese nel 1982, anno in cui nelle radio senegalesi spopolerà Omar Pene con la sua band, la Super Diamono, per la canzone Jaraaf dedicata all’omonimo club di calcio di Dakar. Il secondo elemento è strettamente intrecciato al primo. La costruzione di un racconto calcistico che apre il romanzo aiuta a stabilire una “connessione sentimentale” tra l’autore ed il suo pubblico di lettori. Il calcio, “la felicità degli uomini semplici”, per riprendere il fortunato titolo della raccolta di storie brevi composte da narratori africani e curata dal congolese Alain Mabanckou per la casa editrice 66thand2nd, diventa un rito letterario per la gioventù del continente. Sullo sfondo di questa caccia alla streghe contro i sipikat, gli spacciatori, e i fumatori di yamba, scorrono la vita e la morte di un gruppo di giovani amici del villaggio di Sambey Karang fustigato dalla calura e dall’assenza di piogge che vengono propiziate con una cerimonia espiatoria e l’immolazione di un toro perché «A SAMBEY KARANG, LE TRADIZIONI ANIMISTE ERANO ANCORA SALDE, MALGRADO L’ISLAMIZZAZIONE TOTALE.» Amuyaakar Ndooy, narratore interno e protagonista principale del romanzo, Laay Goté, Yaba Xanca, Bukari e Badara sono soliti fumare spinelli e s’ingegnano per sopperire all’interruzione della filiera dell’erba proibita. Provano prima con lo xompaay, la pianta degli spiriti maligni, ma finiscono in ospedale in preda a febbri deliranti e convulsioni. Una volta guariti dall’intossicazione da stramonio entrano in contatto con Ameth Ndaw, allievo della Scuola Ufficiali dell’Esercito che procura loro lo yamba ormai introvabile. Dopo un mese e mezzo di astinenza, i cinque amici rollano canne nel loro rifugio segreto, un blockhaus immerso nella boscaglia di Amsondeng. Mentre nell’edificio l’odore della carne grigliata si mescola con quello resinoso dell’erba bruciata, Amuyaakar Ndooy matura il proposito di diventare sipikat acquistando lo yamba direttamente dagli stessi contadini della Casamance da cui si rifornisce l’allievo ufficiale. Coi cervelli arrostiti dai fumi, «LA CONVERSAZIONE SI FECE RICCA, BRILLANTE, CONTRADDITTORIA: LA VITA INCERTA E LA MORTE ANCORA PIÙ INCERTA, LA LETTERATURA, I COLPI DI STATO, LE RELIGIONI RIVELATE, LA DEMOCRAZIA TRASFORMATA IN CORRENTE DI PENSIERO, BOB MARLEY, LA PROSTITUZIONE, I MARABUTTI, GLI INTERVENTI STRANIERI IN AFRICA, I RAPPORTI SESSUALI, L’APARTHEID.» Se lo yamba scioglie e libera parole impronunciabili, è altrettanto vero che accelera, per Amuyaakar Ndooy, il turbinio di sogni imprenditoriali nel mondo del crimine. Amuyaakar Ndooy, tassista abusivo, sceglie il rischioso mestiere del sipikat per mero calcolo economico. L’elemento hippy ed anticonformista del libero uso di cannabis si intreccia con una sorta di connotato yuppie di un giovane uomo che rompe le regole del villaggio di nascita per avventurarsi nel mondo scintillante e conturbante della città e costruire una carriera professionale nell’imbuto di un vortice criminoso che gli frutterà cospicui guadagni e una vita matrimoniale in cui ci sarà spazio per più di una moglie, ma che gli costerà la perdita degli amici. Dai campi di canapa della Casamance fino ai locali alla moda di Dakar, Amuyaakar Ndooy incontrerà un universo popolato da poliziotti e giudici corrotti, faccendieri bianchi misteriosi e contadini custodi di un sapere magico e al tempo stesso intriso di razionalità. RELIGIONE E MAGIA La piccola comunità di Sambey Karang non vede di buon occhio il consumo di cannabis ritenuto contrario ai precetti della religione islamica. Gli anziani convocano una riunione nel corso del quale Bukari prende la parola sferzandoli con una sequela di invettive: «VOI ANZIANI VI PREOCCUPATE SOLTANTO DEL VOSTRO ROSARIO E DELLA VOSTRA PELLE DI PECORA.» Nell’ammonimento pronunciato da Bukari si cela una profonda insoddisfazione nei confronti del posto che la religione è venuta ad occupare in una società che imbriglia qualsiasi possibilità di autodeterminazione in nome di un’adesione totale, a tratti ipocrita, alla fede musulmana. Non è in discussione l’Islam ma l’uso che se ne fa per prescrivere comportamenti sociali che nessuno rispetta sino in fondo. La costanza della presenza dell’elemento magico è tipico di questo polar. La carriera di sipikat di Amuyaakar Ndooy, infatti, prende avvio con la consegna allo stesso di un talismano da parte di Fa Kébuté, marabutto amico di Jombiku, il primo contadino che aiuta Ndooy a sfondare come procacciatore di yamba di altissima qualità. Il bracciale che riceve in dono è un gri-gri di cuoio che prima di essere bracciale era stato un serpente nero bicefalo. Il segreto di questa vita a spirale è tutto qui: nel precario equilibrio tra due spiriti, entrambi a forma di serpente, uno buono e l’altro malvagio.✎ INCIPIT «Il DC 10 della compagnia Air Afrique che riportava i Gaïndé s’immobilizzò in fondo alla pista. Bigé Pay, il commissario tecnico, lanciò un’occhiata dall’oblò e vide che ad aspettare c’erano i membri della Federazione nazionale calcio e alcuni giornalisti. In tutto una dozzina di persone. “L’accoglienza non è proprio la stessa di quattro giorni fa” disse, voltandosi verso i giocatori e i dirigenti della squadra seduti dietro di lui. Si sganciò la cintura di sicurezza e si alzò, un sorriso beffardo sulle labbra. “Avanti, ragazzi, si scende. Dovremo spiegare al popolo perché abbiamo perso la battaglia!”». Tags: Abasse Ndione, afro-polar, calcio, Casamance, Edizioni E/O, evidenza, francese, polar, Senegal CORRELATI SIPIKAT E ASSASSINI: QUANDO IL POLAR FA TAPPA IN SENEGAL 19 Settembre 2021 / 0 Commenti Continua a leggere https://www.afrologist.org/wp-content/uploads/2021/09/Abasse-Ndione_Vita-a-spirale-slider.jpg 1152 2048 Eleonora Salvatore https://afrologist.org/wp-content/uploads/2019/02/Logo-bozza-Letture-afropolitane-con-libro-tutta-scritta-con-A-bis-1030x202.png Eleonora Salvatore2021-09-19 16:53:502021-09-19 16:53:50Sipikat e assassini: quando il polar fa tappa in Senegal TRA YEMANJÀ E AGUDA. 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September 19, 2021
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